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Mardi 26 février 2019
2 min

A Crémone, les notes d'un Stradivarius numérisées pour la postérité

A Crémone, les notes d'un Stradivarius numérisées pour la postérité
Statue de Stradivarius à Crémone. Les notes d'un Stradivarius numérisées pour la postérité dans un silence complet. , © Marc Deville

Ces dernières semaines la municipalité de Crémone a imposé le calme et l’absence de bruits intempestifs à ses administrés, commerçants et riverains, et a même détourné le trafic du centre-ville. 

Alors pourquoi bâillonner la ville comme ça ? 

Parce qu’un enregistrement un peu particulier avait lieu au fameux museo del Violino, le musée du violon où sont exposés quelques-uns des instruments à cordes les plus précieux du monde : des Stradivarius, des Amati et des Guarneri del Gesù, du nom des trois célèbres luthiers qui ont vécu dans la cité italienne aux 16e et 17e siècles.

Un ingénieur du son et DJ italien a entrepris d’enregistrer toutes les sonorités possibles produites par quatre instruments sélectionnés dans la collection du Museo del Violino : violons, altos et violoncelles, soit des centaines de milliers de fichiers. Et pourquoi ? Pour la postérité. Cette numérisation vise à à préserver le son de ces instruments mythiques, les Stradivarius en premier lieu, pour les générations futures.

Chacun des Stradivarius du musée a sa propre personnalité sonore, mais ces sons distinctifs changent inévitablement avec le temps et certains de ces violons pourraient même perdre leur voix à horizon de quelques décennies, c’est en tout cas ce qu’a affirmé Fausto Cacciatori, le conservateur du musée. Les instruments sont bichonnés et joués tous les jours, mais, quand ils deviennent trop fragiles pour être joués, ils vont « dormir ». C’est le terme qui est utilisé.

Une base de données est en train d’être constituée, elle s’appelle la«Stradivarius Sound Bank», la banque de sons Stradivarius. Le but est d’abord patrimonial : il faut que les jeunes générations puissent continuer à entendre les sons de ces instruments. Le numérique est bel et bien une manière de conserver d’instruments anciens partis dormir. Et les sons qui seront bientôt répertoriés sur cette plateforme pourront même servir à de nouveaux enregistrements lorsque les instruments originaux sera trop dégradé. Autrement dit, les musiciens du futur pourront enregistrer une sonate avec un instrument qui ne fonctionnera plus. Espérons tout de même que ce jour n’arrive pas de sitôt.

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