Musique connectée
Magazine
Mardi 14 avril 2020
2 min

Les Cris de Paris misent sur la création

Les Cris de Paris, l’ensemble vocal de Geoffroy Jourdain, subit, comme tous les ensembles spécialisés, les annulations de concerts, mais la crise et l’inquiétude n’empêchent pas les musiciens de faire preuve d’audace…

Les Cris de Paris misent sur la création
Les Cris de Paris interprètent une oeuvre de Francesco Filidei : Questo è tutto sur Youtube

Les Cris de Paris interprètent aussi bien les partitions du XVIe siècle que la musique d’aujourd’hui et, malgré la quarantaine, ils continuent de faire de la musique, et même de la nouvelle musique, pas pour passer le temps, mais pour protester et d’une manière qu’on ne peut qu’applaudir.

Depuis la mi-mars, les musiciens qui veulent jouer ensemble doivent tricher en réalisant des montages ; ils répètent sur divers sites de visio-conférences qui sont bien adaptés aux réunions d’entreprises, mais beaucoup moins à la musique d’ensemble : la synchronisation est un vrai casse-tête !
Les Cris de Paris, eux, ont décidé de faire leur miel de ces contraintes techniques en passant commande à des compositeurs et compositrices compagnons de route de l’ensemble.
Dans ces commandes, il leur est demandé de vraiment tenir compte des contraintes du confinement pour écrire des pièces nouvelles : l’éloignement et la mauvaise synchronisation des visio-conférences. Ces pièces seront un peu les témoins du contexte inédit qui les a vu naître en même temps qu’une preuve d’engagement et de soutien envers les interprètes.

Ce cycle de création s’appelle « In Progress » et il commence par une nouvelle page du compositeur italien Francesco Filidei « Questo è tutto » (ce qui veut dire C’est tout), une petite pièce de trois minutes, hors du temps. 

Cette série de créations, c’est plus qu’un gentil passe-temps pour musiciens confinés, c’est un acte militant en faveur de la musique contemporaine, car on imagine sans peine que soutenir la création et les musiques expérimentales ne seront pas la priorité, une fois le confinement levé, des pouvoirs publics et des mécènes.
Un petit mot sur l’aspect financier de ce projet : le premier volet a été réalisé sur les fonds propres de l’ensemble, mais pour vivre, la série « In progress » aura besoin de l’aide des partenaires publics et des mécènes. En temps de crise, il ne faut pas confiner l’imagination. Pendant ces semaines où il faut vivre étroit, pensons large : l’imaginaire a plus que jamais besoin d’évasion et de grands espaces.

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