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Mardi 12 janvier 2021
1 min

« Le Grand bal » ou la joie de la danse

Si les concerts manquent aux mélomanes, la danse manque furieusement aux danseurs. Pour pallier (un petit peu) à l'absence, Suzanne Gervais recommande ce matin Le Grand bal, un documentaire émouvant disponible sur la plateforme KuB.

« Le Grand bal » ou la joie de la danse
« Le Grand bal » ou la joie de la danse, © Getty / Ghislain & Marie David de Lossy

Pas facile de savoir si « Le Grand bal », documentaire signé Laëtitia Carton, nous fait du bien ou nous fait du mal, tant le fait d’y voir des couples de danseurs enlacés, qui virevoltent, qui transpirent, des rondes effrénées, des bourrées endiablées et des visages heureux de danser, de tourner tous ensemble, pendant des heures, nous semble loin, un peu irréel.
Ce film réalisé en 2018 est disponible, gratuitement, sur la plateforme KuB. C'est une plateforme bretonne financée en partie par la région Bretagne, une petite pépite encore assez confidentielle sur laquelle on trouve des fictions et des documentaires en libre accès.

Danser du soir au matin

La réalisatrice a infiltré le festival de danse traditionnelle de Gennetines, dans l’Allier, au cœur de la campagne bourbonnaise, festival qui réunissait chaque année depuis plus de trente ans, quelque 2500 passionnés. Avant la crise sanitaire évidemment. Pour les danseurs, ce festival est comme la Mecque du bal folk et un vrai marathon puisqu’on y danse sept à huit heures par jour, pendant deux semaines. La journée, on apprend à danser la polka, la bourrée, la valse, la mazurka, la tarentelle, la scottish, la contredanse anglaise. Un vrai melting-pot chorégraphique ! Le soir, il y a les bals, où l’on fatigue le parquet jusqu’au petit matin. Quand le jour se lève, les danseurs regagnent leurs tentes pour quelques courtes heures de sommeil… et cela recommence. Danses de couples, danses de groupe, il y a des jeunes, des vieux, c’est joyeux, c’est frénétique, c’est aussi sensuel aussi. Pendant quinze jours, tous comptent les temps, mais perdent la notion du temps. Certains n’osent pas inviter à danser, d’autres espèrent l’être. C’est une vraie petite comédie humaine que filme, l’air de rien, la caméra de Laëtitia Carton, une microsociété éphémère où l’entraide et la joie sont les maîtres mots. L'objectif est clair, il faut se laisser porter par la musique jusqu’à ne plus sentir ses jambes.

Voilà un documentaire qui témoigne de la fièvre de la danse traditionnelle et de l’engouement pour les bals trads et bals folks qui ont essaimé partout en France ces dernières années, aussi bien dans les lieux branchés parisiens, de Ménilmontant à Montreuil, que dans les petites communes rurales. Le bal trad est tout sauf ringard, c’est un vrai phénomène ! Côté musique, les groupes invités revisitent les traditions folkloriques avec des sonorités d’aujourd’hui. Violon et accordéon sont parfois pimentés avec un soupçon d’électro !

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