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Mardi 11 mai 2021
1 min

La petite histoire des trompettistes de Cracovie

A Cracovie, en Pologne, une mélodie jouée à la trompette, le hejnal, retentit toutes les heures du haut du clocher de la basilique Sainte-Marie. Une tradition vieille de huit siècles encore bien vivante puisque la ville recrute !

La petite histoire des trompettistes de Cracovie
La ville de Cracovie recrute des trompettistes pour sonner le hejnal du haut de la Basilique Sainte-Marie, © Getty / SOPA Images

C’est une tradition à Cracovie : à chaque heure du jour et de la nuit, une mélodie, le hejnal, retentit dans le centre historique ; elle est jouée à la trompette avant d’être brusquement interrompue. 

Un sonneur héroïque

Pourquoi ? En 1241 très exactement, les Tartares sont aux portes de Cracovie. Le sonneur de trompette les aperçoit du haut de sa tour et prévient les habitants à temps pour que l’on ferme les grandes portes. Hélas, avant qu’il ne finisse de jouer son signal, une flèche ennemie lui transperce la gorge et huit siècles plus tard, pour commémorer ce souvenir, la mélodie s’arrête toujours au moment où l’héroïque sonneur l’a interrompue.

Appel à candidatures

En 2021, pas question de confier cette sonnerie ancestrale à un disque, non, ce sont de vrais trompettistes qui se relaient et le mois dernier, suite au départ en retraite de l’un d’entre eux, la ville a lancé un appel à candidatures. De nombreux musiciens se sont présentés : des étudiants à l’Académie de musique de Cracovie et des trompettistes amateurs de bon niveau. Sauf que le recrutement n’est pas évident du tout ! Sur 35 candidats – dont trois femmes, une première –, six seulement sont parvenus à convaincre les examinateurs exigeants et à franchir le premier tour. 

Un test d’aptitude physique

Les six hommes retenus ont tous été recalés… au test d’aptitude physique. C’est qu’il faut réussir à souffler vigoureusement dans son embouchure après avoir gravi à pied les 19 étages qui mènent au clocher de la basilique Sainte-Marie. Le test sportif, que le jury déclare pourtant avoir nettement adouci, consiste en une série de 14 tractions, une course d’endurance et une autre de vitesse. Les sources médiévales nous révèlent que la sélection était bien moins exigeante à l’époque, d’autant que le métier de sentinelle à la trompette n’était pas très bien payé et que c’était avant tout une fonction honorifique. 

Mécanicien, électricien, ouvrier du bâtiment…

Aujourd’hui, les trompettistes de Cracovie sont en poste en haut du clocher pendant 24 heures consécutives pour perpétuer ce rituel cher aux habitants et aux touristes, puis ils ont deux jours de libre pendant lesquels ils exercent un tout autre métier : l’un d’eux est mécanicien, l’autre est électricien, un autre ouvrier du bâtiment et le quatrième est facteur d’instruments… Un deuxième appel à candidatures vient donc d’être lancé pour essayer de trouver la perle rare. Nous ne dirons qu’une chose : bonne chance aux candidats !

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