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Mardi 2 mars 2021
1 min

Mahani Teave, la pianiste virtuose de l’île de Pâques

Au large des côtes chiliennes, sur l’île de Pâques, la pianiste Mahani Teave a préféré la fondation d’une école de musique à une carrière internationale. Une artiste discrète qui sort, à 38 ans, son premier disque.

Mahani Teave, la pianiste virtuose de l’île de Pâques
Mahani Teave, © Sofia Musa

Une virtuose originaire de  l’île de Pâques

Il était une fois, une pianiste qui vivait loin, très loin. Mahani Teave est née sur l’île de Pâques, ou plutôt, comme l’appellent les autochtones, Rapa Nui. Car ce sont les Européens qui l’ont baptisé île de Pâques en 1722. C’est l’un des endroits les plus isolés au monde, perdu dans le Pacifique Sud : l’île habitée la plus proche se trouve à quelque 2000 kilomètres à l’est. L’île de Pâques est bien connue pour ses statues monumentales, les mystérieux Moaï : des monolithes sculptés par les premiers maoris, entre le 13e et le 15e siècle.

Un parcours exemplaire 

Et sur cette île, une pianiste, une seule à ce jour, a réussi à se faire connaître sur la scène internationale. En 1992, Mahani Teave a neuf ans et rencontre le pianiste chilien Roberto Bravo, qui l’encourage à partir sur le continent pour poursuivre ses études musicales. Elle est admise au Conservatoire de l’université australe du Chili, gagne plusieurs grands concours internationaux et s’installe aux Etats-Unis. Elle donne des concerts dans les grandes salles nord-américaines, en Argentine, en Europe…

« Toki » : la première école de musique de Rapa Nui

Mais, au bout de quelques années, elle décide de revenir sur son île natale pour y créer, en toute discrétion, une école de musique : la première école de musique de Rapa Nui. C’était en 2012. L’école compte neuf professeurs et une donation a permis de se constituer une réserve d’instruments de musique : des violons, des violoncelles, des trompettes, et, bien sûr, des pianos !

L’école s’appelle « Toki », qui veut dire « outil » en langue Rapanui, l’outil utilisé pour façonné les fameuses statues Moaï. Un nom chargé de symbole pour la pianiste, qui veut signifier à chaque jeune élève qu’il peut-être un toki, qu’il peut façonner et construire son avenir, un avenir meilleur où la musique et le respect de l’environnement - car c’est aussi ce que promeut cette école installée au milieu des collines verdoyantes -, ont une place centrale. Tous les cours sont gratuits et plus de 120 enfants sont aujourd’hui inscrits, ils ont des cours individuels, des sessions d’orchestre, et les traditions Rapanui sont importantes : la danse, les chants ancestraux, la peinture du corps et le ukulélé... 

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« Rapa Nui Odyssey » : le premier disque enregistré par Mahani Teave

En 2018, tout ce travail, discret, mais précieux, mené par Mahani Teave au cœur de son île marque profondément David Fulton, collectionneur et mécène américain, qui est venu pour faire du tourisme, pendant une croisière. 

Durant ce tour organisé, il découvre les statues Moaï, mais pas seulement : lui et son groupe de touristes sont invités à assister à un spectacle de l’école de musique Toki. Il entend les élèves, mais aussi leur directrice, Mahani, qui se met au piano. C’est le coup de foudre. Le coup de foudre pour le talent de cette virtuose discrète. 

David Fulton lance immédiatement un projet d’album. Mahani Teave vient donc de sortir son premier disque, « Rapa Nui Odyssey », chez le label britannique Rubicon Classics. Et si vous voulez en savoir plus sur cette artiste étonnante, sachez que l’enregistrement du disque a inspiré un documentaire, «Song of Rapa Nui», qui est disponible sur Amazon Prime. 

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