Musique connectée
Magazine
Lundi 28 décembre 2020
1 min

La petite histoire des souffleurs d’orgue

L’orgue est sans conteste l’un des instruments stars de la période des fêtes. Penchons-nous ce matin, sur un métier méconnu et disparu, celui de souffleur d’orgue.

La petite histoire des souffleurs d’orgue
La petite histoire des souffleurs d’orgue, © AFP / MANUEL COHEN / MANUEL COHEN VIA AFP

Penchons nous ce matin sur l’histoire de l'orgue, instrument star de la période des fêtes, même plus précisément sur la petite histoire des souffleurs d’orgue.
Rappelons que l’orgue est bel et bien un instrument à vent. Avant d’être remplacé par le moteur électrique dans les années 1920, la mécanique de sa soufflerie était actionnée par des humains ! Le souffleur d’orgue a longtemps, très longtemps été indispensable à l’organiste pour actionner la mécanique de la soufflerie et tout simplement pour faire sonner l’instrument. Pendant que l’organiste improvisait fugues et passacailles au clavier, un ou plusieurs souffleurs transpiraient en actionnant, au bras ou au pied la pompe des soufflets mécaniques, dans l’ombre, incognito. Un métier qui pourrait être jugé ingrat, dont on trouve finalement assez peu de traces dans les archives. 

Un travail d'équipe

Pour un orgue de taille modeste comme celui d’une petite église de campagne, un seul souffleur suffisait. La motivation était au rendez-vous pour actionner la pompe sans faiblir au milieu de la messe. Comme certains souffleurs étaient distraits ou tombaient de fatigue en plein morceau, bien cachés sur le côté ou derrière l’instrument, on avait fait installer un jeu relié à une clochette, appelé « le timbre du souffleur », que l’organiste actionnait pour communiquer avec son souffleur, voir pour le tirer de sa sieste.

On trouve des traces de souffleurs d’orgue dans l’empire byzantin et dans toute l’Europe médiévale. Parmi le personnel musical de la Chapelle royale de Louis XIV à Versailles, on comptait, en plus des musiciens, plusieurs petits métiers de l’ombre, dont un souffleur d’orgue en titre. Un emploi, bien sûr, rémunéré. Les grandes orgues de cathédrale pouvaient mobiliser jusqu’à cinq à six souffleurs. Il s'agissait de pompe à pied qui étaient en quelques sortes, les ancêtres du stepper des salles de fitness.

Si l'occasion se présente, il est possible de découvrir à la tribune d'orgue, comme certains facteurs d’orgue, les initiales d’un souffleur discrètement gravé dans la pierre de l’un des murs.

L'équipe de l'émission :