Musique connectée
Magazine
Lundi 10 février 2020
1 min

"Amadeus Code", l'appli qui réconcilie les compositeurs avec l'intelligence artificielle

L’intelligence artificielle fait des progrès dans le domaine artistique, certaines d’entre elles composent même des symphonies ; aussi oppose-t-on souvent la machine aux compositeurs, alors qu’en réalité, elle peut être un adjuvant précieux…

"Amadeus Code", l'appli qui réconcilie les compositeurs avec l'intelligence artificielle
"Amadeus Code", l'appli qui réconcilie les compositeurs avec l'intelligence artificielle, © Getty / Artur Kolomiyets / EyeEm

Sortons du fantasme négatif du grand remplacement de l’artiste par la machine et intéressons-nous plutôt à une « co-créativité » de l’homme et des robots où la décision ultime reviendrait bien sûr toujours à l’humain, mais où les algorithmes pourraient stimuler l’inspiration des cerveaux humains.

Car l’intelligence artificielle, plutôt que d’être vue d’un mauvais œil, peut aider les compositeurs dans leurs recherches : certains logiciels font des propositions d’accords, de courtes séquences musicales qui sont suffisamment intéressants pour provoquer l’imagination du compositeur ou être intégrés dans une partition. Certaines phrases proposées par les machines peuvent ainsi servir de matière première à une future œuvre. C’est justement ce que propose l’application Amadeus Code. Cette appli a été créée par trois amis japonais – un producteur, un compositeur et un ingénieur – et cette appli, qui se présente comme un assistant au compositeur, compose des sons inédits, dans plusieurs styles musicaux, à partir d’une bibliothèque constituée des derniers succès musicaux.

Alors ces sons ne sont pas une fin en soi, mais bien un outil de travail, puisqu’ils sont générés dans un format qui permet d’être customisé avec des vrais instruments. C’est un travail à quatre mains, si l'on peut dire, homme/machine. Evidemment, et heureusement, l’émotion retranscrit par un humain dans la musique est impossible à recréer avec une intelligence artificielle. La touche du compositeur est primordiale. Et Amadeus Code n’est pas le seul exemple sur le marché : il existe aussi des programmes comme Flow Machines ou Orb Composer qui imaginent des compositions originales à partir de mélodies et grilles harmoniques.

Terminons en rappelant que ce qui fait de toute manière l’ADN, voir le sel du processus créatif, ce qui lui donne son sens et qui fait naître les grandes œuvres, c’est la capacité qu’ont les compositeurs à pouvoir jeter, encore et encore, trier, recommencer. Et dans ce parcours, l’intelligence artificielle apparaît davantage comme un outil, une éventuelle étape, qu’une fin en soi.

L'équipe de l'émission :