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Lundi 3 mai 2021
1 min

A San Francisco, un Barbier de Séville pour la première fois en « drive-in »

Rossini sous les étoiles, cela vous tente ? A San Francisco, l’Opéra a eu une idée furieusement rétro et surtout « Covid compatible » pour retrouver son public : un opéra version drive-in !

A San Francisco, un Barbier de Séville pour la première fois en « drive-in »
Le drive-in du Barbier de Séville par l'Opéra de San Francisco - Musique connectée, © San Francisco Opera / Courtesy Kristen Loken

La nuit est tombée sur l’esplanade du Marin Center, immense bâtiment de la commune de San Rafael, à quinze minutes en voiture au nord du Golden Gate, le mythique pont de San Francisco. Il y a quelques jours, l’esplanade étaient envahie de voitures à l’arrêt, qui regardaient toutes dans la même direction : vers la grande scène en plein air installée là par l’Opéra de San Francisco pour les représentations du Barbier de Séville de Rossini, un incontournable du répertoire, mais proposé pour la première fois au public dans une formule « drive-in », c’est-à-dire à contempler depuis sa voiture.

Des précédents à Détroit et Chicago

L’opéra version drive-in est une première en Californie, mais ailleurs aux Etats-Unis, plusieurs maisons lyriques ont été précurseurs en optant ces derniers mois pour cette formule rétro à souhait : l’Opéra de Détroit, celui de Chicago, de Memphis et maintenant de San Francisco. La première de ce « Barbier » a eu lieu le 23 avril et les représentations se poursuivent jusqu’au 15 mai. Cette jauge pas comme les autres peut accueillir environ 400 voitures et les spectateurs peuvent opter, quand ils achètent leur billet, pour des sièges « premium » avec une vue frontale sur la scène ou bien décider de se garer plus loin et de regarder plutôt le grand écran de cinéma où le spectacle est diffusé simultanément. 

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Un village de tentes

Côté son, pas la peine de baisser ses vitres pour tendre l’oreille, tout est prévu : la musique est transmise en direct sous forme de signal FM sur la radio de chaque voiture.

« It takes a village… », il faut un village pour monter un spectacle : l’adage n’a jamais été aussi vrai puisque derrière la scène, à l’abri du regard des spectateurs, un vrai petit village de tentes a été érigé : des tentes pour les coulisses, des tentes pour les retransmissions audio et vidéo et d’autres pour abriter les décors. 

Une version réduite pour attirer les néophytes 

Pour faire fonctionner le tout, il a fallu faire des compromis : dans une tente qui fait office de fosse, l’orchestre a été réduit à 18 musiciens et l’opéra de Rossini est interprété en anglais, pour résoudre le casse-tête des sous-titres, et dans une version réduite d’une heure et demi, de laquelle on a ôté les récitatifs et les chœurs. La direction de l’Opéra de San Francisco veut profiter de cette expérience pour faire la conquête de nouveaux spectateurs, que la formule populaire du drive-in peut inciter à rencontrer l’opéra. Et pour cela, une version raccourcie semblait plus facile d’accès. 

Pari réussi en tout cas pour les cinq premières représentations, si l’on se fie au tonnerre de klaxons qui retentissent à la fin du deuxième acte, lorsque le comte Almaviva épouse enfin sa chère Rosine, grâce à l’aide de… Figaro !

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