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Lundi 3 février 2020
1 min

Baromètre de l’édition musicale : le paradoxe du numérique

On commence la semaine avec les chiffres de l’édition musicale en France pour l’année 2017-2018. Ils viennent d’être dévoilés par les chambres syndicales des éditeurs, et les évolutions sont contrastées, notamment à cause du numérique.

Baromètre de l’édition musicale : le paradoxe du numérique
Une partition , © Getty / Sergei Malgavko\TASS

Au premier coup d’œil les chiffres sont plutôt bons avec 393 millions d’euros de revenus en 2018 pour le marché de l’édition musicale en France, cela veut dire une hausse de 7% par rapport à 2017. 

Ces chiffres ce sont ceux du « Baromètre de l’édition musicale », un document précieux et révélateur pour le secteur de la partition, qui publié chaque année depuis 2007 et qui permet de mieux saisir les conditions d’exercice du métier d’éditeur de musique, année après année, et tout type de musique confondu, les éditeurs de musique pop comme les éditeurs de musique classique et contemporaine.

Rappelons que, ces dernières années, le rôle de l’éditeur s’est vraiment élargi : il ne s’agit pas simplement de publier des partitions. La maison d’édition s’occupe en partie du développement de la carrière et la défense des intérêts des compositeurs, du financement de leurs créations, et puis aussi de la diffusion et de l’exploitation commerciale de leurs œuvres musicales.

Ce qui m’intéresse particulièrement, c’est la part du numérique dans ce marché de l’édition puisque les droits digitaux enregistrent une hausse de 17% entre 2017 et 2018, mais, et c’est le paradoxe, ils ne représentent encore que 3,5 % des revenus éditoriaux, autrement dit : très peu.

Alors oui, on a bien une hausse des téléchargements de fichiers musicaux depuis les sites des éditeurs, qui continuent de faire un réel effort pour dématérialiser les partitions; on note aussi le boom du streaming de partitions, comme le site Nkoda, pour la musique classique, qui regroupe des dizaines de grands éditeurs. 

Mais malgré ces solutions trouvées par les éditeurs pour se mettre au diapason du digital, il n’y a pas encore de modèle économique qui permette aux maisons d’édition de compenser les pertes causées par le téléchargement sauvage de partition. Certains diront que ce n’est qu’une question de temps… 

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