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Magazine
Lundi 2 mars 2020
1 min

Un algorithme pour éradiquer les procès pour plagiat ?

Les procès pour plagiat agitent régulièrement le monde de la musique. Ces litiges coûtent souvent très chers aux artistes. Deux Américains ont donc mis au point un algorithme étonnant, destiné à éradiquer les procès pour droit d’auteur, rien que ça.

Un algorithme pour éradiquer les procès pour plagiat ?
Une musicienne en train d'écrire de la musique, © Getty / Anna Khlein / EyeEm

Parfois on se demande si un jour, on aura épuisé le stock de mélodies disponibles dans le monde ?
Dans un monde où le stock de mélodies originales diminue, l’intelligence artificielle pourrait protéger les artistes des accusations de plagiat, qui sont nombreuses, surtout dans le domaine assez formaté il faut le dire, de la musique pop.

C’est en tout cas ce que veulent faire un avocat spécialiste du droit d’auteur et un développeur américain, qui ont mis au point un algorithme capable de générer de façon automatique toute les combinaisons mélodiques possibles, à partir de huit notes principales.
La nouvelle a été publiée dans le journal américain Vice il y a quelques jours et a fait le tour du monde.
Le fameux algorithme a fourni, tenez-vous bien, 68,7 milliards de mélodies. Pour vous donner une idée de sa force de calcul, on était sur du 300 000 mélodies par seconde. Ça donne le vertige, mais les concepteurs de l’algorithme ont expliqué que la musique, finalement, ce ne sont que des mathématiques.

L’astuce des deux acolytes, c’est que ces dizaines de milliards de mélodies soient disponibles en ligne sous la forme de fichiers Midi. D’ailleurs une bonne partie d’entre elles l’est déjà, sur le site Internet Archive, sous licence Creative Commons Zero.
La Licence Creative Commons Zero signifie que ces mélodies font désormais, théoriquement en tout cas, partie du domaine public.  Du coup, les musiciens qui composeraient, à leur insu, des mélodies ressemblantes, ne courraient pas le risque d’être poursuivis pour plagiat. 

C'est un petit tour de passe-passe technologique qui n’est peut-être pas complètement recevable devant un tribunal.
Alors soyons prudent : la législation sur les droits d’auteur est terriblement complexe et celle des droits d’auteur appliquée à l’intelligence artificielle d’autant plus. A suivre donc, mais ces réticences n’empêchent pas nos deux Américains d’avancer dans leur projet gargantuesque. La prochaine étape, c’est de proposer les cinq autres notes d’une octave à leur algorithme : do dièse, ré dièse, fa dièse, sol dièse et la dièse, ce qui permettrait de couvrir aussi le jazz. Et puis rien n’empêche d’étendre le procédé à plusieurs octaves, pour couvrir encore plus de possibilités, la musique classique par exemple.

En tout cas, belle coïncidence, cet algorithme a fait le buzz pile au moment, la semaine dernière, de la publication de la lettre de mission du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, le CSPLA, qui est une instance consultative rattachée au ministère de la Culture. Sa dernière mission porte justement sur les enjeux juridiques et économiques de l’intelligence artificielle dans les secteurs de la création culturelle. Vous pouvez la télécharger librement sur le site du ministère.

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