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Jeudi 29 octobre 2020
1 min

Et les librairies musicales ? Petit tour chez Arioso

Discrètes, les librairies musicales sont de plus en plus rares. Alors que les nouvelles restrictions gouvernementales contraignent l'activité de ces librairies spécialisées à l'économie fragile, coup de projecteur sur une institution de la rue de Rome, à Paris : la petite librairie Arioso.

Et les librairies musicales ? Petit tour chez Arioso
La librairie musicale Arioso, rue de Rome à Paris. Les nouvelles restrictions gouvernementales contraignent l'activité de ces librairies spécialisées, discrètes et de plus en plus rares, à l'économie fragile., © Getty / peeterv

En prévision du reconfinement, les librairies ont enregistré, hier, une fréquentation record. Des stocks de livre pour les semaines qui s’annoncent, mais aussi, pour certains, des stocks de partitions. Voici un petit portrait de librairie musicale, même si elles restent fermées ce matin. Direction la rue de Rome à Paris, au numéro 45. Sur le trottoir, des bacs en plastique généreusement remplis de partitions à deux euros et de pépites d’occasion. Entre deux enseignes de luthiers et de facteurs de piano, la petite librairieArioso, avec son rez-de-chaussée exigu et son sous-sol plein à craquer, a pignon sur rue depuis plus de quarante ans.

C’est le repère discret des flâneurs mélomanes et musiciens qui viennent, avec plaisir et curiosité, fouiller dans les rayons et les bacs, faire des trouvailles et trouver une oreille attentive et des conseils précieux de la part de la petite équipe de cinq libraires.

Soutenons nos librairies musicales !

Des conseils sur-mesure, des petits prix,du choix et des raretés, c’est sans doute le secret de la longévité de cette librairie musicale qui tient le coup, malgré un contexte très difficile. Ces dernières années, bien avant le coup de grâce du Covid, beaucoup de librairies musicales ont mis la clé sous la porte, en France ou ailleurs, à cause de la concurrence de la bibliothèque de partitions numérique géante et, surtout, gratuite, IMSLP, et d’Amazon, où les grands libraires et éditeurs vendent leurs partitions. Le dernier magasin de partitions de musique de New-York a fermé en 2015, depuis, plus rien. A Sidney, en Australie, idem. Espérons que Paris ne subisse pas le même sort pendant la crise sanitaire.

Arioso ne propose pas de vente en ligne, petite structure qui est vraiment hors des circuits avec un site internet plus que rudimentaire. Les librairies sont loin de toutes avoir les moyens de se créer une boutique en ligne. Pendant le confinement, plusieurs librairies généralistes, notamment dans les petites communes, ont joué la carte de la livraison à domicile. C’est plus difficile à Paris, mais Arioso l’a fait, au printemps dernier. Par envoi postal ou bien en personne, sur dans la boîte aux lettres ou sur le palier de l’appartement.

Les prochains mois s’annoncent compliqués pour l’ensemble du secteur musical, mais il ne faudrait pas oublier les librairies de partitions, de plus en plus rares et discrètes et dont la santé financière tient souvent à un fil. Comment les soutenir ? C’est un peu difficile pour celles qui ne proposent pas de vente en ligne mais se tenir informé des initiatives que ces librairies peuvent mettre en place dans les prochaines semaines, passer un coup de fil ou envoyer un mail quand on a besoin d’une partition est toujours une bonne idée. 

Le syndicat national de l’édition et le syndicat de la librairie française viennent de publier un communiqué, « Laissez nos librairies ouvertes », c’est son titre. Un appel au gouvernement pour que ce deuxième confinement ne rime pas avec isolement culturel.

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