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Jeudi 14 janvier 2021
1 min

Une violoniste fait rimer pandémie avec Paganini

Pour tenir le coup malgré l'absence de concerts pendant la pandémie, certains musiciens se sont lancé des défis musicaux personnels. La violoniste américaine Sarah Atwood a ainsi partagé le Pandemic Paganini Project.

Une violoniste fait rimer pandémie avec Paganini
La violoniste américaine Sarah Atwood a profité du confinement pour travailler les 24 caprices de Paganini

C’est un joli exemple de résilience que celui de la violoniste américaine Sarah Atwood, qui occupe habituellement le poste de deuxième violon principal dans deux orchestres de la côte est : le Boston Lyric Opera et le Portland Symphony. Le soir du 11 mars  dernier, elle sortait à peine de la répétition générale d’un opéra de  Bellini que le monde a commencé à se confiner, pays après pays… La musique et les arts ont été les premières activités à être suspendues. De retour chez elle, la musicienne était totalement sonnée : toute sa carrière et son activité de violoniste sont concentrés sur l’orchestre,  le fait de jouer en groupe. Elle avait des tournées de prévues, au Japon  et à Leipzig, en Allemagne, pour le festival Bach… Tout est annulé,  l’incertitude régnait et ses nerfs, comme ceux de tant d’autres musiciens, ont été mis à rude épreuve. La violoniste a vite compris  qu’un projet musical personnel était indispensable à sa santé mentale.

Habituellement, un musicien d’orchestre a du mal à trouver le temps de se plonger dans le répertoire solo. La pandémie, qui lui offre soudainement un temps illimité, donne l’idée à Sarah de se lancer un défi : travailler un  monument du violon, les 24 Caprices de Paganini… Pour tenir sa résolution, elle décide de se filmer, dans son salon, quand elle juge qu’elle maîtrise chacun d’entre eux, et publie les vidéos sur Youtube.  Le projet a un nom : trois « P », Pandemic Paganini Project.

Voilà un exercice de virtuosité, de bravoure et surtout d’humilité : Sarah sait que ces enregistrements vidéo ne sont pas parfaits, qu’ils reflètent seulement une étape de travail. Et partager ainsi son cheminement, sans filtres, lui a permis de dompter son perfectionnisme et d’être moins obsessionnelle. Elle a travaillé chacun des caprices en  étudiant à la fois les partitions modernes et les manuscrits originaux des Caprices, composés entre 1802 et 1817. 

Se perdre ainsi dans l’architecture et la virtuosité des 24 Caprices lui a permis,  a-t-elle confié il y a quelques jours à nos collègues du journal britannique The Strad, d’oublier, un temps, l’effritement du monde. Une capsule temporelle qui a amené la violoniste, privée de concerts, vers une écoute plus profonde et une nouvelle approche de son instrument.

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