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Jeudi 7 janvier 2021
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Diversité à l’Opéra de Paris : une tribune, une enquête

L’Opéra de Paris a commandé, cet automne, un rapport sur les discriminations internes et les images des personnes de couleur véhiculées dans le répertoire, rapport qui doit être rendu mi-janvier : parmi les sujets sensibles, les conditions de représentations de certaines œuvres.

Diversité à l’Opéra de Paris : une tribune, une enquête
Black dancers matters / Discrimination à l'opéra - Musique connectée, © Guillaumediop

Revenons sur cette affaire grâce à l’enquête qui a été publié dans les colonnes du journal _Le Monde_, le 25 décembre dernier. Ce papier très complet est peut-être passé un peu trop inaperçu à cause des fêtes.

La parole libérée

« La diversité entre en scène » est une enquête menée par la journaliste Elise Karlin auprès des salariés métis et noirs de l’Opéra de Paris, qu’ils soient artistes ou membres de l’administration et des équipes techniques. Sur les 154 danseurs que compte le ballet, cinq sont métis ou noirs. Il y a aussi deux barytons africains parmi les chœurs. Ces artistes témoignent, pour la première fois, des remarques tranchantes, de la discrimination qu’ils ont subi pendant leurs études artistiques et des ajustements à faire au quotidien : des cheveux crépus plus difficiles à coiffer avant d’entrer sur scène, un maquillage qui n’est pas adapté ou bien des collants chair qui font les jambes grises.

Après le premier confinement, ces salariés noirs et métis ont écrit un manifeste, qui a été diffusé au mois d’août et en interne uniquement, pour que l’absence de diversité au sein de l’Opéra cesse d’être taboue. Non, l’Opéra n’est pas une institution raciste, mais, oui, certains salariés souffrent de se sentir discriminés, notamment pour la couleur de leur peau. Ils réclament un vrai débat sur les habitudes de travail et le répertoire. Par exemple, le _blackfacepour les personnages noirs ou le yellowface_ pour les Asiatiques. Des revendications qui coïncident avec le mouvement Black Lives Matter et avec l’arrivée du nouveau directeur de l’Opéra de Paris. 

Avant Paris, Alexander Neef a dirigé la Canadian Opera Company de Toronto et on note que chez les Anglo-saxons, la question de la représentation des minorités est essentielle. Les pratiques du « blackface » et du « yellowface » ont été abandonnées par le New York City Ballet et le Royal Ballet de Londres en 2014 et 2015. Alexander Neef a rencontré, en juin, les auteurs du manifeste et la fameuse mission. Cette mission inédite dans l’histoire de l’institution, a été confiée à l’historien Pap Ndiaye et à Constance Rivière, secrétaire générale du Défenseur des droits. 

De plus, la lecture de l’enquête du Monde est illustrée d’une très belle série de photographies signée Karim Sadli. 

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