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Jeudi 5 décembre 2019
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Démos à l'assaut du crowdfunding

Démos, le fleuron de la Philharmonie de Paris en matière d’éducation musicale, fête ses dix ans et lance une nouvelle campagne de financement participatif.

Démos à l'assaut du crowdfunding
Orchestre Démos, © Capture d'écran vidéo Official EHF EURO Channel

Démos est un dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale piloté par la Philharmonie et qui s’inspire largement du succès des orchestres de jeunes au Vénézuéla, le fameux El Sistema.

Le projet a bien grandi depuis 2010 : aujourd’hui il y a 40 orchestres Démos en France, un peu plus de 4000 enfants sont concernés. Les chiffres sont plutôt jubilatoires et ce projet ambitieux doit beaucoup aux financements privés, par le biais du crowdfunding notamment : la cinquième campagne de financement participatif pour Démos a été lancée sur la plateforme Kisskissbankbank ; l’objectif est de récolter 300 000 euros d’ici fin janvier. 

Par an, le coût d’un orchestre est de 265 000 euros, et il faut savoir qu'un orchestre concerne une centaine d’enfants.  La Philharmonie voit grand et prévoit de faire passer sa flotte à 60 orchestres d’ici 2022.

Si le projet a de quoi susciter des louanges et mérite d’être encouragé et soutenu, il pose néanmoins quelques questions et notamment celle de la relation avec les conservatoires. Les orchestres Démos sont toujours associés à une structure locale : un ensemble, un orchestre, une salle de concert ou un conservatoire. Mais justement, l’arrivée de Démos sur le terrain inquiètent certains conservatoires parce qu’il n’y a  pas d’argent public pour tout le monde et qu’avec sa force de frappe, en termes de moyens et d’image, Démos risque parfois de tirer toute la couverture. C’est donc une vraie question : comment s’articulent les missions de Démos avec celles des conservatoires ?

Et puis face à l’ampleur que prend le projet Démos, on peut se demander ce que vont devenir les autres dispositifs du même type, qui sont bien moins aidés par l’Etat, les collectivités et les mécènes : ces alternatives, ce sont les fameux orchestres à l’école ou encore le travail d’une association comme Passeurs d’art, pour ne citer qu’eux. Va-t-on vers une uniformisation des propositions ? 

Lien vers la campagne de financement partificatif 

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