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Jeudi 1 avril 2021
1 min

A la recherche du luth-clavecin de Bach

Rares sont ceux qui ont déjà entendu un lautenwerck, ou luth-clavecin, instrument très apprécié du Cantor de Leipzig et aujourd’hui disparu. Certains luthiers et interprètes s’y intéressent aujourd’hui de près…

A la recherche du luth-clavecin de Bach
Illustration d'un lautenwerck, © Early Music New York

Jean-Sébastien Bach jouait du violon, de l’alto, de l’orgue et du clavecin. Une pluridisciplinarité épatante, mais quasiment monnaie courante chez les musiciens de cette époque, qui passaient sans peine, pour les plus habiles d’entre eux, des cordes aux claviers, voire davantage. Alors, quel était l’instrument préféré du Cantor de Leipzig ? On est tenté de répondre : « l’orgue ! », en tout cas les claviers, mais clavecin et orgue mis à part, Bach avait bel et bien un petit faible pour un instrument confidentiel, le lautenwerck, ou luth-clavecin, instrument dont les rares exemplaires fabriqués au XVIIIe siècle ont tous disparu.

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Le reportage ci-dessus, réalisé en février dernier par l’association Early Music New-York permet d’entendre l’un des fins connaisseurs de cet instrument méconnu, le claviériste Dongsok Shin, spécialiste du clavecin, de l’orgue et du pianoforte et membre de l’ensemble baroque Rebel. Pas un seul luth-clavecin n’est parvenu jusqu’à nous, hélas, les derniers instruments auraient disparu au XIXe siècle. Pour nous faire une idée de cet instrument, nous ne disposons que de descriptions écrites, de traités d’instrumentation notamment. 

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Imaginez un clavecin extrêmement délicat, plus petit qu’un clavecin ordinaire, avec une caisse de résonance en forme de poire, plus ou moins légère, et surtout des cordes faites à partir de boyaux de moutons, ce sont des cordes de luth, mais qui sont pincées par un mécanisme actionnés par le clavier, le principe du clavecin… Une hybridité d’allure et de matériaux qui donne à l’instrument une sonorité chaleureuse et presque feutrée, intime, bien distincte des clavecins à cordes cuivrées. La sonorité évoque le luth, un soupçon de théorbe aussi. Les lautenwercks étaient appréciés au milieu du XVIIIe siècle et Bach a écrit un certain nombre de pièces spécialement pour cet instrument, pièces qui sont aujourd’hui généralement jouées au clavecin. Johann Friedrich Agricola, l’un de ses disciples, musicien de la cour de Berlin, raconte, dans ses écrits, avoir vu et entendu un luth-clavecin conçu par Bach et réalisé par le facteur de claviers favori du Cantor, son ami Zacharias Hildebrandt.

Les luth-clavecins que l’on peut entendre aujourd’hui sont conçus par des luthiers férus de musicologie et d’histoire, des luthiers engagés dans une démarche historiquement informée, qui reconstruisent des lautenwerck d’après les sources dont nous disposons et les résultats sont très variés. Contrairement à un piano Steinway, il n’y a pas de standard avec les luth-clavecins que l’on fabrique aujourd’hui, chaque exemplaire est unique, ils sont tous de formes et de tailles différentes… un fabuleux terrain de jeu pour les interprètes et les ensembles de musique ancienne qui les intègrent à leur instrumentarium !

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