Musique connectée
Magazine
Lundi 19 octobre 2020
1h 11mn

Le Spat, pieuvre musicale à pavillons et à pistons

Le corniste Nicolas Chedmail a inventé un nouvel instrument : le Spat, un cor amplifié qui nécessite une installation impressionnante et qui permet de travailler sur la spatialisation du son.

Le Spat, pieuvre musicale à pavillons et à pistons
Nicolas Chedmail joue sur son Spat

Nicolas Chedmail est cor solo des Arts Florissants et même s’il joue sur instruments d’époque, il ne se cantonne pas au baroque, loin de là : il adore bidouiller, trafiquer, inventer de nouveaux instruments.
Nicolas est passionné de lutheries alternatives, expérimentales et sa grande réalisation, c’est un cor amplifié aux allures de grande pieuvre à pistons : le Spat.
S.P.A.T : quatre lettres, un petit nom pour un instrument impressionnant. Nous utilisons le terme instrument mais c’est même toute une installation, qui occupe une bonne cinquantaine de mètres carrés. Imaginez une vingtaine de pavillons disposés dans une salle, autour du public et reliés entre eux grâce à un réseaux de câbles et de gros tuyaux, branchés à des haut-parleurs qui amplifient le son, actionné par des pistons.
C’est une invention étonnante, qui joue sur la spatialisation acoustique du son.

Nicolas Chedmail est donc un spatiste. Il a fait succomber plusieurs autres musiciens à la folie du Spat et à toutes les possibilités sonores qu’offre cet instrument géant.
Six spatistes se sont réunis en un collectif : Les Spat’Sonores, qui donne plusieurs concerts par an et passe commande à des compositeurs et compositrices.
Ce qui est excitant avec les Spat’sonores, c’est qu’ils prouvent que la lutherie expérimentale n’est pas la chasse-gardée de quelques spécialistes, mais que tous les musiciens peuvent s’en emparer, même si ça a des allures de bricolage au début, peu importe !
On a le droit d’imaginer de nouveaux instruments, de nouveaux sons.

Le Spat, l'ami des enfants

Avec son collectif Spat’sonore, Nicolas Chedmail ouvre même les portes de la musique expérimentale aux plus jeunes.
C’est une installation spectaculaire où le spectateur est immergé dans les sons, c’est propice à la rêverie, à l’imagination galopante.
Nicolas Chedmail a ainsi confié à Suzanne Gervais que les spatistes avaient ainsi pu faire écouter quarante minutes de musique contemporaine 
à des enfants de maternelle. Les enfants s’allongent dans la pièce 
et apprivoisent l’espace sonore comme ils le ferait dans la nature, en écoutant le chant d’un coucou ou le train qui passe au loin. Un outil idéal donc pour éveiller les plus jeunes à la création.

L'équipe de l'émission :