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Mardi 15 juin 2021
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Inde : les musiciens Adivasi redécouvrent la musique traditionnelle pendant la pandémie

On part pour le sud de l’Inde où pendant la pandémie, la communauté aborigène des indiens Adivasi et Irula s’est lancée dans la redécouverte de ses instruments de musique traditionnels...

Inde : les musiciens Adivasi redécouvrent la musique traditionnelle pendant la pandémie
La communauté des Adivasi en Inde redécouvre ses instruments de musique traditionnels, permettant une véritable renaissance de la tradition musicale aborigène, © AFP / DIPTENDU DUTTA

La situation dramatique de l’Inde pendant cette pandémie n’a échappé à personne, mais au milieu du chaos, une petite lumière, une jolie histoire : celle des habitants des villages d’Aracode et de Karikiyoor, au sud du pays, en pleine forêt tropicale, à quelque 300 kilomètres au sud de Bangalore. Ces habitants, les Adivasi et les Irula, descendent des communautés aborigènes de la forêt et ont pu redécouvrir leurs musiques traditionnelles grâce aux artisans locaux, qui se sont lancés, dans leur petit atelier, dans la fabrication d’instruments à vent et à percussion, comme le « kwol », instrument proche de la flûte…

Transmission et création

Cette initiative communautaire a permis une vraie renaissance, ces derniers mois, de la tradition musicale aborigène… Les villageois peuvent compter dans cette aventure sur le soutien d’une ONG qui est installée non loin de chez eux, Keystone Fondation qui soutient les artisanats locaux et qui a aidé à mettre en place une véritable académie de musique : « Porivarai ». Une école où les secrets de la fabrication des instruments en bambou local et de l’art d’en jouer sont transmis des anciens aux plus jeunes. Un vrai circuit court ! Certains vents et certaines percussions sont fabriqués dans la plus pure tradition, selon les gestes d’antan, tandis que d’autres artisans, les plus jeunes, préfèrent explorer des voies nouvelles, et proposer de nouveaux modèles…

Soutenir l’économie locale

La fabrication d’un « kwol » taillé dans le bambou demande trois à quatre semaines de travail ; chaque instrument est une pièce unique qui est ensuite vendue dans la région. De quoi dynamiser l’économie locale car cette initiative a vraiment aidé les habitants, lorsque bon nombre de salariés ont perdu leur emploi à cause de la pandémie. Les musiciens, hommes et femmes, n’hésitent pas à improviser et à imaginer de nouvelles mélodies : pas de doutes, les musiques traditionnelles de ces communautés aborigènes ont de beaux jours devant elles.

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