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Mardi 27 octobre 2020
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Hommage à Patrick Charton, luthier inventeur au service des cordes

Suzanne Gervais rend hommage au luthier Patrick Charton qui a marqué à jamais les musiciens avec qui il a collaboré.

Hommage à Patrick Charton, luthier inventeur au service des cordes
Hommage à Patrick Charton, luthier inventeur au service des cordes, © Getty

Patrick Charton a reçu dans ses ateliers de Paris et de Saint-Etienne, des centaines d’instrumentistes à cordes.
Il est décédé la semaine dernière, à 66 ans, et depuis les hommages sont nombreux, sur les réseaux sociaux notamment, de la part d’interprètes qui saluent sa générosité, son talent et son audace.

Hommage ce matin à son travail car Patrick Charton était avant tout un inventeur, particulièrement à l’écoute des besoins des musiciens.
En 2017, il avait présenté une contrebasse, sa spécialité. Il s'agissait d'une contrebasse démontable. Un bel instrument dont le musicien peut enlever le manche et scinder la table d’harmonie en deux.
Patrick Charton avait en effet eu l’idée de scier la table en deux, dans le sens de l’épaisseur, de la largeur. Cet ingénieux système permet aux contrebassistes de voyager avec leur instrument, en avion, sans supplément bagage. 

Patrick Charton a aussi renouvelé les instruments du quatuor à cordes, dont la forme a finalement très peu changé depuis 500 ans, en créant un quatuor à cordes du XXIe siècle. C’est comme ça qu’il l’appelait. Il s'agit d'une contrebasse, un violoncelle, un alto, et un violon au design contemporain, sans volute et avec des ouïes différentes de celles que l’on voit d’habitude.
Cette démarche est loin d’être seulement esthétique : très à l’écoute de ses clients, le luthier s’était attaqué aux problèmes d’ergonomie des musiciens.
Les altistes qui ont souvent des tendinites à l’épaule à cause du poids de leur instrument. Patrick Charton avait remplacé la volute traditionnelle par une volute ajourée en cuir, très légère. Il avait aussi conçu une petite ouverte au dos de l’instrument, par laquelle le musicien peut aller régler la tension de l’âme pour régler la hauteur de la table d’harmonie.
Cela permet d’être autonome lorsqu’on est en tournée et c’est très pratique lors de brusques changements de températures.

Sa démarche curieuse et inventive a montré combien interprètes et luthiers doivent travailler main dans la main. Concluons en reprenant les propos d’un musicien : « Si le prix Nobel de lutherie existant, sans nul doute que Patrick Charton l’aurait eu ».
Nous vous invitons à vous intéresser aux violons, altos, violoncelles et contrebasses réalisés par Patrick Charton : une belle manière d’honorer son travail…

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