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Magazine
Lundi 12 avril 2021
3 min

En Inde, un jeune luthier redonne vie à une harpe vieille de 2000 ans

Dans son atelier de Chennai, en Inde, un jeune luthier de 24 ans a réussi à recréer un instrument traditionnel vieux de près de 2000 ans.

En Inde, un jeune luthier redonne vie à une harpe vieille de 2000 ans
Tharun Sekar avec son premier yazh, © Naveen Sekar

Si vous n’avez jamais entendu de yazh, c’est normal : cet instrument traditionnel de la musique tamoule, proche de la lyre et de la guitare et dont on retrouve des traces dans les écrits indiens il y a plus de 2000 ans, n’est plus joué depuis des siècles.

Le virus de la lutherie

Un instrument disparu, endormi, jusqu’à ce qu’un jeune luthier entreprenne de lui redonner vie. Dans un quartier de la grande ville portuaire de Chennai, aussi appelée Madras, ville du Sud-Est de l’Inde, quatrième du pays avec ses plus de six millions d’habitants, Tharun Sekar, 24 ans, a monté son petit atelier il y a deux ans et s’est fait une spécialité de redonner vie à des instruments qu’on jouait, par le passé, dans son pays, mais dont on a perdu la trace. Le virus de la lutherie l’a pris à l’adolescence, où il fabriquait en autodidacte des guitares, des banjos et des ukulélés, avant de se former auprès d’un luthier français installé en Inde.

Un vrai jeu de piste

Et sa nouvelle réalisation, c’est un yazh en forme de cygne, sculpté dans le bois. Pour reproduire cet instrument mythique, aussi mystérieux que délicat les recherches ont été longues, et souvent décourageantes : si plusieurs répliques de yazh sont exposées dans des musées, il ne s’agit jamais d’un instrument original, ni même d’un instrument capable de produire de la musique. Ce sont avant tout des objets de décoration. Pire encore, Tharun Sekar n’a pas trouvé le moindre enregistrement sonore ou vidéo. Direction alors la bibliothèque. En se tournant vers la littérature, Tharun Sekar est parvenu à dénicher un traité indien de 1947, seul vrai livre de recherche disponible sur l'instrument, qui lui a fourni des informations précises sur la façon dont les cordes étaient alignées et des notations musicales qui l’ont aidé à recréer un son qui soit au plus près des yazh originels.

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Un travail méticuleux

Une fois à l’atelier, il a fallu faire quelques adaptations. Au lieu d'utiliser du bois de jaquier, Tharun Sekar a choisi d’utiliser du cèdre rouge, plus léger. Il a ensuite sculpté le matériau jusqu'à obtenir un son très fin. C’est ainsi qu’est né le premier yazh moderne. Mais pas question de le laisser dormir dans une vitrine ! Il fallait lui donner vie, alors Tharun Sekar s’est entraîné à en jouer, grâce à son système de notation très proche de celui de la guitare. En mars dernier, le premier clip musical utilisant un Yazh a été enregistré : une chanson étonnante qui mêle musique traditionnelle et… rap indien !

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Pour mettre en valeur ses instruments, Tharun Sekar a créé sa société, « Uru Custom instruments », et travaille aujourd’hui à la conception de nouveaux yazh de sept à quatorze cordes. Pas de doutes : le yazh a de beaux jours devant lui

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