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Mardi 6 octobre 2020
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Dans le Morbihan, les instruments de musique dans le collimateur des autorités

Les bars et restaurants qui ferment dans les régions en alerte maximale : la hausse du nombre de cas de malades du Covid entraînent une série de restrictions. L’une des dernières en date, en Bretagne, interpelle les musiciens : ils ont l'interdiction de transporter leurs instruments.

Dans le Morbihan, les instruments de musique dans le collimateur des autorités
Le préfet du département du Morbihan interdit "le transport de matériel susceptible d'être utilisé dans une manifestation festive à caractère musical", © Getty / Dreet Production

Mise à jour ce mardi 6 octobre à 17h : 

Devant l’ampleur prise par l’affaire, la préfecture a mis les choses au clair dans un communiqué : le transport de matériel musical n’est interdit que dans certains cas. « Cet article vise à interdire les rassemblements de personnes lors de manifestations organisées dans des lieux non prévus à cet effet, tels que des plages, forêts, champs, carrières, espaces naturels, etc. […] L’interdiction de circulation des véhicules transportant du matériel susceptible d’être utilisé pour une manifestation festive à caractère musical, concerne uniquement ce type de rassemblement. Les musiciens qui rejoignent ces lieux ou un cours de musique ne sont évidemment pas concernés par l’interdiction de transport de leur instrument de musique. Il en va de même pour la pratique musicale dans un cercle familial. »

La musique, vecteur de lien social et de rassemblement est pourtant dans le collimateur des pouvoirs publics : à Rouen, le Tribunal administratif vient de retoquer un arrêté du préfet, qui voulait interdire la diffusion de musique amplifiée dans les bars, les restaurants et sur la voie publique. Le juge a estimé que « La diffusion de

musique n'est pas susceptible par elle-même ou en raison du comportement qu'elle induirait chez les auditeurs de favoriser la propagation du virus »…

Une nouvelle restriction suscite déjà la grogne d’une partie du secteur musical. Dans le Morbihan, il est désormais interdit de transporter des instruments de musique ! Ce n’est pas une blague, comme l’ont d’abord pensé certains, en apprenant la nouvelle via les réseaux sociaux. Dans un arrêté officiel du 29 septembre, la semaine dernière, le préfet du département du Morbihan interdit : « le transport de matériel susceptible d'être utilisé dans une manifestation festive à caractère musical ».

En un mot : interdiction de transporter tout le matériel qui peut servir à faire des concerts, qu’ils soient amplifiés ou non, ça veut dire aussi bien des platines qu’un clavecin.

Une restriction qui créé le malaise, c’est le moins que l'on puisse dire. Musiciens et luthiers, abasourdis, ne cachent pas leur mécontentement devant cette nouvelle mesure restrictive, qui ne concerne pour l’heure que le Morbihan certes, mais qui pourrait s’étendre à d’autres territoires.
La rédaction assez floue de l’arrêté permet en effet aux gendarmes et policiers, à la moindre rumeur de manifestation musicale, de saisir tout le matériel des musiciens : les instruments ou la sono, qu’ils soient transportés par un quidam ou par un professionnel.
Précisons que les grosses manifestations musicales comme les rave party sont interdites depuis le mois de juillet.

Les musiciens posent la question : faut-il, pour lutter contre la propagation du virus, aller jusqu’à interdire le transport de tout matériel musical ? La musique, vecteur de lien social et de rassemblement est bien dans le collimateur des pouvoirs publics : à Rouen, le Tribunal administratif vient de retoquer un arrêté du préfet, qui voulait interdire la diffusion de musique amplifiée dans les bars, les restaurants et sur la voie publique. Le juge a estimé que « la diffusion de musique n'est pas susceptible par elle-même ou en raison du comportement qu'elle induirait chez les auditeurs de favoriser la propagation du virus ».

Les instruments de musique ou le matériel de sonorisation sont-ils, en eux-mêmes dangereux pour la santé ? C’est ce que suppose l’arrêté préfectoral du Morbihan, qui va sans aucun doute faire couler beaucoup d’encre du côté des organisations musicales. Sur les réseaux sociaux ce week-end circulait l’idée d’une action devant la préfecture.

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