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Lundi 10 mai 2021
1 min

Balad’un âne : l’éloge musical de la lenteur du guitariste Cyprien N’Tsaï

Pendant dix jours, le guitariste Cyprien N’Tsaï, a sillonné les sentiers de Provence accompagné d’un âne et de son instrument. Un projet à la fois personnel et militant.

Balad’un âne : l’éloge musical de la lenteur du guitariste Cyprien N’Tsaï
Le guitariste Cyprien N’Tsaï avec son âne sur des sentiers de Provence

Il est parti le 24 avril de Marseille et, dix jours plus tard, il arrivait à Cucuron, au cœur du Lubéron, après avoir marché quelques quatorze kilomètres par jour, en compagnie de sa fidèle ânesse Biloute, et avec un ami réalisateur chargé de filmer l’aventure, ainsi qu'avec trois musiciens qui l’ont rejoint en court de chemin. Cyprien N’Tsaï est rentré il y a quelques jours, mais son projet ne fait que commencer.
C’est une initiative qui a démarré l’été dernier où il est déjà parti une première fois. En avril, le guitariste devait se lancer à nouveau sur les routes de Provence, cette fois avec toute une équipe : des amis musiciens, un conteur, un herboriste, un cuisinier et une petite équipe technique. Mais, situation sanitaire oblige, Cyprien a décidé de partir seul avec son réalisateur et de remettre la grande expédition à plus tard, sans doute dans un an.

Bivouac et rencontres au fil du chemin

Balad’un âne est le nom de ce projet qui a germé dans l’esprit du musicien un jour où il survolait les Alpes, dans un avion au départ de Milan. Le paradoxe un peu absurde de sa situation l’a saisi : contempler un paysage superbe depuis un hublot, tout en reniflant le kérosène rejeté par l’avion. Cyprien voulait retrouver une certaine cohérence entre ses convictions et son comportement. Et autant dire que son périple provençal a eu un très faible bilan carbone : le matin, réveil à l’aube, repli du bivouac et préparation de l’âne, qu’il fallait brosser et bâter, avant de se mettre en route. Dans la journée, il y avait des arrêts au fil des envies et des rencontres, pour discuter avec les promeneurs et leur jouer un morceau ou deux. Et puis le soir, il fallait chercher un lieu pour installer le campement et déplier l’enclos de Biloute.

Le soutien des radios locales

Cyprien donnait aussi des petits concerts dans les villages où il s’arrêtait pour la nuit. Et quand le temps était à l’orage, il a toujours pu trouver le gîte et le couvert. L’occasion de faire des rencontres, de la musique, et de découvrir les savoir-faire des habitants : viticulteurs, artisans, agriculteurs… Les radios locales et la webradio « Allô la planète » ont suivi l’aventure, prévenant les habitants du passage de Cyprien et de son âne.
Verdict ? Cyprien sait déjà que, la prochaine fois, il descendra le rythme à six kilomètres par jour, pour vraiment prendre le temps de la rencontre, de la musique et de la flânerie. Un éloge de la lenteur, loin de tout impératif de productivité et de rentabilité. L’aventure, en tout cas, ne fait que commencer et la démarche inspirera peut-être, sans doute, d’autres artistes. Le musicien songe à repartir cet été, peut-être pas en Provence, mais toujours avec un âne. Le projet avec toute l’équipe devrait, lui se concrétiser en 2022.

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