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Lundi 25 janvier 2021
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A Genève, cinq jeunes musiciennes se lancent dans le quintette de cuivres

Malgré la pandémie et la mise à l’arrêt du monde musical, de jeunes musiciens se lancent et créent leur ensemble, à l’instar des étudiantes suisses qui ont créé le quintette de cuivre Wonderbrass.

A Genève, cinq jeunes musiciennes se lancent dans le quintette de cuivres
A Genève, cinq jeunes musiciennes se lancent dans le quintette de cuivres, © Quintette Wonderbrass

Elles s’appellent Virginie, Clarisse, Elise, Patricia et Alfie, elles jouent du tuba, du cor, du trombone et de la trompette et elles ont entre 20 et 24 ans. Ces cinq jeunes musiciennes étudient toutes à la Haute école de musique de Genève, au bord du lac Léman. Un quintette de cuivres exclusivement féminin donc, ce qui n’est pas banal dans le monde des cuivres.
En effet, au fil de leurs parcours respectifs, en France comme en Suisse, les musiciennes ont souvent été les seules filles de leur classe. Côté professeurs, même déséquilibre : elles ont parfois croisées des femmes, notamment au début de leur cursus, mais en études supérieures, les cuivres sont essentiellement enseignés par des hommes.

Elles ont d’ailleurs toutes commencé par un autre instrument que celui qu’elles jouent actuellement, avant de tomber amoureuse des pistons. Virginie a d’abord appris la flûte à bec, qu’elle a troqué pour le son rond et chaleureux du tuba, dont elle a joué dans l’harmonie de son village des Côtes d’Armor. Elise a commencé par la trompette avant de flasher sur le trombone. Et toutes, depuis leur enfance, ont essuyé des remarques récurrentes sur le choix soi-disant « peu féminin » de leurs instruments.

Patricia est en deuxième année de master et les autres sont en bachelor, c’est-à-dire en licence. Au mois d’août, après une fin d’année difficile, marquée par les cours à distance, les cinq musiciennes font connaissance et décident vite de constituer un quintette : le Wonderbrass. En créant leur ensemble, elles veulent faire découvrir le monde des cuivres et son répertoire, moins populaires en France et en Suisse qu’en Allemagne ou que chez les Anglo-saxons, qui ont une grande tradition de brass band.

En ce début d’année, l’heure est au travail, à la recherche d’une identité sonore et à la constitution d’un répertoire avec les classiques du quintette de cuivres, de nombreuses transcriptions (Bach, Bizet, Bernstein) mais aussi et surtout des compositeurs d’aujourd’hui, comme le vénézuélien Giancarlo Castro d’Addona ou l’américain Anthony DiLorenzo.
Malgré la situation sanitaire, les musiciennes se veulent optimistes et ont contacté plusieurs organismes pour bénéficier de résidences et de bourses. Elles aimeraient notamment pouvoir passer commande à des compositrices. L’idée est clairement de donner aux petites filles, au fil des concerts futurs, une image de quintette de cuivres de femmes, histoire de faire germer, pourquoi pas, des vocations de petites tubistes, cornistes, tromboniste et trompettistes.

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