Musicopolis
Magazine
Lundi 22 juin 2020
25 min

Baden-Baden : les eaux et la musique

Durant tout le XIXème siècle, un certain nombre d'Européens, qui se posait chaque année cette question : "où passerai-je mon été ?" se répondait "à Baden-Baden". Musicopolis se propose aujourd'hui de les suivre un moment dans leur villégiature !

Baden-Baden : les eaux et la musique
Vue de Baden-Baden en 2016, © Getty Images

Une riche histoire musicale

Au 19ème siècle, Baden-Baden n'attire pas seulement les gens huppés, fortunés, couronnés, qui viennent prendre les eaux, mais aussi les artistes, qui viennent les récréer. A 50 km de Strasbourg, un peu moins de Carlsruhe, la ville est bien située, tout près du Rhin, et à l'entrée du massif de la Forêt Noire, on y vient facilement d'un peu partout en Europe. La liste des musiciens qui sont passés par cette petite ville est extrêmement longue. Après Beethoven, Paganini et Mendelssohn, on y trouve régulièrement Rossini, Liszt, Meyerbeer, Wagner, St Saens, Offenbach, Strauss, Gounod, Bizet… Berlioz écrit qu'à Bade, "on y gagne de l’argent, et on y fait de bonne musique, et on y trouve une foule de gens d’esprit, et on y parle français" !

Un "petit paradis"

Un guide de la fin du 19ème siècle nous explique ce qui attire des milliers d'étrangers à Baden-Baden, les retient et les oblige à revenir : "C'est, lit-on, le charme merveilleux de cette nature singulièrement harmonieuse ; de ces montagnes de la forêt noire avec leur forme douce et onduleuse, leur verdure luxuriante et éternelle ; cette vallée s'élevant doucement de tous les côtés, qui est transformée dans un seul grand jardin ; cet air tendre, aromatique, riche d'ozone et franc de poussière ; cette situation protégée contre les vents du Nord et de l'Est par une chaîne de montagnes voisine ; ces bains magnifiques, récréants pour celui qui est en bonne santé, fortifiants et guérissants pour ceux qui sont souffrants", "c'est encore le charme que la plus haute culture, le confort raffiné de notre vie moderne confère à ce petit paradis, où non seulement la société la plus choisie, mais encore l'art le plus accomplis sont devenus familiers. Tout cela n'est pas un caprice du hasard, n'est pas une mode passagère, tout cela est fondé dans la situation exceptionnellement favorable de cet endroit merveilleux et dans les conditions de sa prospérité et de son succès florissant." 

Programmation musicale

Johann Strauss fils (1825-1899)
Le Maître de la forêt (1895) Ouverture
Orchestre Philharmonique de Vienne, direction Willi Boskovski
Decca 483 4622

Hector Berlioz (1803-1869)
Béatrice et Benedict (1862) Ouverture
Orchestre Symphonique de Boston direction Charles Munch
RCA GD 86805

Clara Schumann (1819-1896)
Trio avec piano en sol mineur op 17 (1846) I. Allegro Moderato Ensemble Nash
Hypérion CDA68307

Johannes Brahms (1833-1897)
Quatuor avec piano en sol mineur op 25 (1861) IV. Rondo alla zingarese Martha Argerich, piano, Gidon Kremer, violon, Yuri Bashmet, alto, Misha Maisky, violoncelle
DGG 4778847

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Don Giovanni (1787) Ouverture
Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, direction Nikolaus Harnoncourt
244184-2

Pauline Viardot (1821-1910)
Mein Fluss (poème d'Eduard Mörike)
Miriam Alexandra, soprano, Eric Schneider, piano
Oehms Classics OC1878

Hector Berlioz (1803-1869)
Béatrice et Bénédict (1862) Acte III. Sc 15. Air de Bénédict "Ah je vais l'aimer"
Jean-Luc Viala, Bénédict, Orchestre de l'Opéra de Lyon, direction John Nelson
Erato 2292-45773-2

Hector Berlioz (1803-1869)
Béatrice et Bénédict (1862) Acte II. Sc 2. Air de Béatrice "Dieu !   Que viens-je d'entendre ?"
Susan Graham, Béatrice, Orchestre de l'Opéra de Lyon, direction John Nelson
Erato 2292-45773-2

Hector Berlioz (1803-1869)
Béatrice et Bénédict (1862) Acte II. Sc 6. Ensemble "L'amour est un flambeau"
Susan Graham, Béatrice, Jean-Luc Viala, Bénédict, Orchestre de l'Opéra de Lyon, direction John Nelson
Erato 2292-45773-2

L'équipe de l'émission :