Musicopolis
Magazine
Mercredi 3 juin 2020
25 min

L'histoire de la salle Pleyel

La première moitié du 19ème siècle est un moment extrêmement faste pour le développement du concert. Et notamment pour les ouvertures de salle. Il s'en ouvre à Paris de très nombreuses. Et Musicopolis vous en fait découvrir une aujourd'hui plus particulièrement, de l'intérieur : celle de MM. Pleyel.

L'histoire de la salle Pleyel
Détail d'un piano Pleyel, © Amy T. Zielinski/Redferns via Getty Images

Un temple à la gloire du piano 

Avant même de vous inviter à entrer dans la salle de concert de la rue Cadet, ouverte en 1830 par les soins de la famille Pleyel, je dois vous raconter un peu le paysage musical parisien de l'époque. Comme l'écrit un journaliste : "On peut dire de la musique qu'elle est entrée dans les moeurs avec les progrès du piano." C'est qu'en effet, le piano est l'instrument qui s'est le plus développé depuis le début du siècle, et sur tous les plans : il a grandi, grossi, il est de plus en plus solide, le son qui en sort est de plus en plus étoffé, les facteurs commencent à le produire à plus grande échelle, les compositeurs écrivent pour lui toutes sortes de morceaux, qui conviendront aussi bien au débutant qu'au virtuose confirmé, les éditeurs vendent leur musique, les pianistes se multiplient, bref, au niveau macro-économique, le piano est un véritable phénomène de société.

"On peut dire de la musique qu'elle est entrée dans les moeurs avec les progrès du piano."

Une formidable vitrine

Le piano se développant à grande vitesse au début du 19ème siècle, les facteurs de piano se multiplient ; on en trouve des centaines, à Paris tout comme à Londres ou à Vienne ! Et comme il faut bien se distinguer, exposer ses nouvelles productions et les mettre en valeur, les plus grandes maisons ont l'idée de créer des salons, qui sont de véritables petites salles de concert dans lesquelles on entendra exclusivement leurs instruments. C'est ce que fait Camille Pleyel, en ouvrant le 1er janvier 1830, au 9 de la rue Cadet, dans le centre de Paris, rive droite, pas loin du quartier des théâtres et des opéras, un lieu qu'on appelle communément les Salons Pleyel. Il y invite les plus fameux musiciens de l'époque qui jouent seuls ou en musique de chambre.

En attendant Chopin...

Dans leurs salons, Messieurs Pleyel, comme on les appelle, invitent de nombreux pianistes à venir défendre leurs instruments. On remarque les concerts de Friedrich Kalkbrenner, qui se montre dit-on "majestueux, élégant, brillant, gracieux, de tout point remarquable". On entend aussi Hummel dont le talent est "plein de netteté et de force". "Il faut improviser comme Hummel, ou renoncer à tout jamais à l'improvisation" déclare Fétis ! Ferdinand Hiller, lui, a un "goût exquis", et quant à Moschelès, c'est un musicien savant, un virtuose très robuste. Ce qui n'est pas du tout la manière dont on pourrait qualifier le jeune pianiste polonais arrivé à Paris en septembre 1831, qui s'est pris d'amitié pour Camille Pleyel et qui donne son premier concert dans les salons de la rue Cadet en février 1832 : Frédéric Chopin ! 

Programmation musicale 

Friedrich Kalkbrenner (1785-1849)
Les adieux
Carole Carniel, piano Pleyel 1846
Lidia Digital LIDI0103135-04

Ferdinand Hiller (1811-1885)
Impromptu en Mi majeur op 97 "Zur Guitarre"
Tobias Koch, pianoforte Erard 1842
Genuin GEN 12255

Johann Nepomuk Hummel (1778-1837)
Trio n°4 en Sol majeur op 65 III. Rondo
Andreas Staier, pianoforte, Daniel Sepec, violon, Jean-Guihen Queyras, violoncelle
Harmonia Mundi HMC 901955

Frédéric Chopin (1810-1849)
Concerto n°1 op 11 en mi mineur, 1er mvt (1830) Allegro maestoso
Pierre Goy, piano Pleyel 1839, Stefano Barneschi et Liana Mosca, violons, Ernest Braucher, alto, Paolo Beschi, violoncelle
Lyrinx LYR 2266

Frédéric Chopin (1810-1849)
Concerto n°1 op 11 en mi mineur, 2ème mvt (1830) Romance. Larghetto
Pierre Goy, piano Pleyel 1839, Stefano Barneschi et Liana Mosca, violons, Ernest Braucher, alto, Paolo Beschi, violoncelle
Lyrinx strumenti LYR 2266

Joseph Mayseder (1789-1863)Trio avec piano n°1 en Si bémol majeur op 34 (1820) III. Rondo. Moderato  Raymund Lissy, violon, Maria Grün, violoncelle, Srebra Gelleva, piano
Gramola

Frédéric Chopin (1810-1849)
Nocturne n°8 en Ré bémol majeur op 27 n°2
Nelson Goerner, pianoforte Pleyel 1848
Narodowski Institute NIFCCD 00

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