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Mercredi 6 octobre 2021
25 min

Johann Schobert, un virtuose dans le Paris pré-révolutionnaire

On sait peu de choses de la vie de Schobert. Notre connaissance de sa biographie commence à son arrivée à Paris, en 1760 ou 61. Sa mort, en revanche, est très bien documentée...

Johann Schobert, un virtuose dans le Paris pré-révolutionnaire
Portrait de Johann Schobert (1720, 1735 ou 1740 – 1767), © Auteur non connu / Domaine Public / Wikimedia

Un début de vie bien énigmatique

On sait vraiment très peu de choses de la vie de Schobert. Du moins de ses premières années. Notre connaissance de sa biographie commence à son arrivée à Paris, en 1760 ou 61. Sa mort, en revanche, est très bien documentée. Grâce au baron Grimm, qui la raconte dans une lettre de septembre 1767. Schobert et ses convives sont tous morts empoisonnés suite à une cueillette de champignons ayant mal tournée... Mais la vie de Schobert reste bien mystérieuse, on ignore tout de sa naissance, date comme lieu. Plusieurs hypothèses existent. Selon Grimm encore (qui l'a connu à Paris), "Schobert a péri à la fleur de l'âge. Il était Silésien." ll serait donc originaire de l'Est de l'Allemagne. Pour Gelber en revanche dans un dictionnaire des musiciens paru en 1790, Schobert vient de Strasbourg. Un autre prétend qu'il serait de la région de Nuremberg. Et pour finir, Hugo Riemann, qui publie les oeuvres complètes de Schobert en 1909 affirme qu'il vient de Mannheim, puisque ses oeuvres ressemblent à celles des compositeurs de l'école de Mannheim, et qu'en outre, il a dédié un volume de sonates au secrétaire du Prince Palatin, dont le siège se trouve en cette ville. Jusqu'à aujourd'hui, aucune trace n'a été trouvée de la naissance de Schobert, dans aucun de ces endroits...

Schobert et Paris

C’est à Paris qu’apparait Schobert en 1760 ou 1761. En 1760, Paris est une capitale qui a tout pour attirer les musiciens, il y a plusieurs sortes d'institutions qui peuvent les employer. La cour d'abord, à Versailles, avec sa Chapelle, et tous ses concerts, publics ou privés. La reine Marie Leczinska est une grande mécène et elle accueille de nombreux artistes. A Paris, deux établissements luttent pour les faveurs du public. L'Académie Royale de Musique, c'est-à-dire l'Opéra, fait jouer toutes sortes d'oeuvres lyriques et de ballets. Et lorsqu'elle est fermée, à savoir lors des 24 fêtes religieuses qui se succèdent dans l'année, le Concert Spirituel prend le relais. Les quelques années du séjour de Johann Schobert à Paris, entre 1760 et 1767, sont aussi celles qui voient se développer un nouvel instrument, le pianoforte. Même si toutes les oeuvres de Schobert sont déclarées être destinées au clavecin, il est probable que lui-même les a essayées sur des pianos. Le baron Grimm dit de Schobert "Ce musicien avait un grand talent, une exécution brillante et enchanteresse, un jeu d'une facilité et d'un agrément sans égal." Ce sont toutes ces qualités sans doute qui ont fasciné un tout jeune garçon, enfant prodige, venu à Paris avec sa famille à la fin de 1763, Wolfgang Amadeus Mozart. Mozart va étudier attentivement les partitions de Schobert et en citer quelques extraits dans ses propres oeuvres. Lorsqu'il reviendra à Paris en 1778, plus de 10 ans après la mort de Schobert, il fera encore travailler les sonates du défunt maître à ses élèves.

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Johann Schobert (v. 1735-1767)
Sonate en quatuor en fa mineur op 7 n°2 (v. 1764) I. Andante
Jean-Patrice Brosse, clavecin, Concerto Rococo
Pierre Verany PV 792031 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Sonate en quatuor en fa mineur op 7 n°2 (v. 1764) III. Allegro Jean-Patrice Brosse, clavecin, Concerto Rococo Pierre Verany PV 792031 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Sonate en quatuor en fa mineur op 7 n°2 (v. 1764) I. Andante
Jean-Patrice Brosse, clavecin, Concerto Rococo
Pierre Verany PV 792031 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Sonate en quatuor en mi bémol majeur op 14 n°1 (v. 1766) I. Allegro assai
Jean-Patrice Brosse, clavecin, Concerto Rococo
Pierre Verany PV 792031 

Joseph Cassanéa de Mondonville (1711-1772)
Nisi Dominus (1743) Choeur "Sicut sagittae"
Purcell Choir, Orfeo Orchestra, direction György Vashegyi Glossa
GCD 923508 

Michel Blavet (1700-1768)
Concerto à 4 parties III. Allegro
Wilbert Hazelzet, flûte, Musica Antiqua Köln, direction Reinhardt Goebel
Archiv Produktion 447286-2 

Pierre Vachon (1738-1803)
Quatuor n°1 op 5 en la majeur Allegro non tanto
Quatuor les Adieux Valois V 4767 

Jean-Philippoe Rameau (1683-1764)
Castor et Pollux ( Acte IV. Sc 1 Castor "Séjour de l'éternelle paix"
Mark Padmore, ténor, les Arts Florissants, direction William Christie
Harmonia Mundi HMC 901437 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Sonate op 14 n°1 II. Polonaise Sylvie
Pécot-Douatte, clavecin von Nagel d'après Blanchet (1730)
AMP Records DRB AMP 115 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Concerto en sol majeur op 9 I. Allegro ma non tanto
Fania Chapiro, pianoforte, Musica ad Rhenum, direction Jed Wentz
Vanguard Classics 99041 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Sonate en fa majeur op 17 n°2 (v. 1766) II. Andante
Brigitte Haudebourg, pianoforte
Arcobaleno SBCD 1515 

Johann Schobert (v. 1735-1767)
Concerto en sol majeur op 9 III.
Fania Chapiro, pianoforte, Musica ad Rhenum, direction Jed Wentz
Vanguard Classics 99041

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