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Jeudi 8 septembre 2016
28 min

Borodine en 1887 à St-Petersbourg 4/5 : Ses rencontres avec Liszt

Au moment de sa mort Borodine revoit sa vie et ses grands moments. Notamment le jour où il a rencontré Franz Liszt pour la première fois. Le soutien que lui apporte le compositeur hongrois est pour lui inestimable.

Sujets développés

En juin 1877, Borodine se rend chez Liszt. Le grand compositeur inonde Borodine de compliments sur sa musique.

"Vous avez fait une belle symphonie" s'écria la silhouette d'une voix puissante en me tendant sa longue main. Soyez le bienvenu ! Je suis ravi, il n'y a que deux jours que je l'ai jouée chez le grand-duc qui en est charmé. La première partie est excellente ! Votre Andante est un chef-d'oeuvre ; le scherzo est ravissant, et puis ça, c'est ingénieux."

Liszt pousse le modeste Borodine à poursuivre dans sa voie et à faire fi des critiques. Ils se rencontrent à 3 reprises, à Iena et Weimar. L'approbation de Liszt a un effet bénéfique sur la popularité de Borodine et des russes en Europe de l'Ouest. Borodine reçoit aussi le soutien de mécènes, notamment la Comtesse de Mercy Argenteau. Cette amie de Liszt permet au compositeur de faire entendre sa musique lors d'événements qu'elle organise en Belgique. Borodine lui dédie une Petite suite pour piano.
Dans les années 70, le "Groupe des cinq" connait une sorte de dislocation avec le retrait de Balakirev mais Borodine croit toujours à la force de leur collaboration. Chacun compose, mais Borodine manque toujours de temps, à cause de ses occupations scientifiques. Il en rit, mais il en ressent tout de même une certaine mélancolie.

"Le temps vole comme une locomotive à toute vapeur. Cependant la barbe grisonne, les rides se creusent. On commence cent choses différentes. Parviendra-t-on à en finir quelques-unes ? Je suis toujours poète dans l'âme, je nourris l'espoir de conduire mon opéra jusqu'à sa dernière mesure, mais je dois souvent me moquer de moi-même. J'avance lentement et à de grands intervalles."

Programmation musicale

Franz Liszt (1811-1886)
Années de pèlerinage, Deuxième année, Italie (1838-61) Après une lecture du Dante
Claudio Arrau, piano
Philips 432 332-2

Alexandre Borodine (1833-1887)
Symphonie n°1 en mi bémol majeur (1862-67) II. Scherzo. Prestissimo
Orchestre du Bolchoï, direction Mark Ermler
Saison Russe RUS 288169

Alexandre Borodine (1833-1887)
Quatuor n°2 en ré majeur (1881) I. Allegro moderato
Quatuor de Sofia
Gega GD 127

Alexandre Borodine (1833-1887)
Quatuor n°2 en ré majeur (1881) II. Scherzo. Allegro
Quatuor de Sofia
Gega GD 127

Alexandre Borodine (1833-1887)
Quatuor n°2 en ré majeur (1881) III. Nocturne. Andante
Quatuor de Sofia
Gega GD 127

Alexandre Borodine (1833-1887)
Serenata alla Spagnola (1886 ) 3ème mvt du quatuor collectif sur le thème B-La-F (dédié à Mitrofan Belaïev)
Quatuor de Moscou
Saison russe RUS 288142

Alexandre Borodine (1833-1887)
Petite Suite, dédiée à la Comtesse de Mercy Argenteau (1885) II. Intermezzo
Marco Rapetti, piano
Brilliant Classics 93894

Mily Balakirev (1837-1910)
Tamara, poème symphonique (1867-82)
The Philharmonia, direction Yevgeny Svetlanov
hypérion CDA66586

Mily Balakirev (1837-1910)
Tamara, poème symphonique (1867-82)
The Philharmonia, direction Yevgeny Svetlanov
hypérion CDA66586

Alexandre Borodine (1833-1887)
Prince Igor (1869-87) Acte I. n°12 Danses polovtsiennes et choeur
Choeur et Orchestre du Kirov de St Petersbourg, direction Valery Gergiev
Philips 442 537-2

Pour aller plus loin

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Bibliographie

André Lischke, Alexandre Borodine, Bleu Nuit éditeur, 2004
Alfred Habets, Alexandre Borodine, d'après la biographie et la correspondance publiées par M. Vladimir Stassoff, Paris Librairie Fischbacher, 1893

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