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Jeudi 4 avril 2019
24 min

1868, Max Bruch : Création de son Concerto pour violon n°1

Le 5 janvier 1868, à Brême, le grand violoniste et compositeur Joseph Joachim créé la version définitive du Concerto pour violon n°1 de Max Bruch. Dans Musicopolis, Anne-Charlotte Rémond vous invite à suivre les étapes de la création de cette oeuvre virtuose !

1868, Max Bruch : Création de son Concerto pour violon n°1
Joseph Joachim par James Archer (1876) Détail / 1868, Max Bruch : Création de son Concerto pour violon n°1- Musicopolis, © Getty / Heritage Images

Le 6 janvier 1868, Max Bruch fête ses 30 ans, le lendemain même de la création de son Concerto par Joseph Joachim. Il a beaucoup travaillé sur cette œuvre, et il l'a même remise plusieurs fois sur le métier, puisqu'en effet, elle a déjà été créée dans une première version, deux ans plus tôt, le 24 avril 1866.

"Mon concerto pour violonavance lentement. Je ne me sens pas sûr de moi sur ce terrain''

Mais il nous faut remonter à l'été 1864 pour voir le compositeur se mettre à composer l'œuvre.
Max Bruch a alors 26 ans, il commence le travail sur sa nouvelle œuvre instrumentale. En novembre 65, il écrit à son maître Ferdinand Hiller "Mon concerto pour violonavance lentement. Je ne me sens pas sûr de moi sur ce terrain. Ne pensez-vous pas qu'en fait, c'est très audacieux d'écrire un concerto pour violon ?».

La création du Concerto pour violon de Bruch, dans sa première version, laisse le compositeur insatisfait et il se tourne vers Joseph Joachim

Bruch est pianiste, et malgré une bonne connaissance des cordes, il doit demander conseil à des amis violonistes. De fait, il lui faut un an et demi pour arriver au bout, et terminer la première version, créée à Coblence par Otto von Königslöw, le violon solo de l'Orchestre du Gürzenich de Cologne (et ami de Hiller).

La création du Concerto pour violon de Bruch, dans sa première version, laisse le compositeur insatisfait et il se tourne vers Joseph Joachim. Celui-ci est considéré comme LE violoniste du siècle : encouragé par Mendelssohn, il a donné des interprétations mémorables du Concerto de Beethoven, de celui de Mendelssohn, et il en a écrit lui-même plusieurs qu'il joue partout en Allemagne.

Max Bruch entame une longue correspondance avec Joachim au sujet de son Concerto pour violon. Ils se voient et ils travaillent ensemble. Bruch s'interroge en particulier sur le mot Concerto : est-il justifié alors que le premier mouvement n'est en fait qu'un grand Prélude à l'Adagio. Oui, oui, répond Joachim, le terme est justifié, et les deux derniers mouvements, tellement contrastés, conviennent parfaitement au genre du concerto. Par la suite, c'est Ferdinand David, le violon solo de Leipzig, qui révise la partie de violon terminée. 

''Le Concerto commence une fabuleuse carrière''

Enfin vient le moment de la première de la version définitive, le 5 janvier 1868, c'est Joachim qui tient l'archet cette fois-ci. Le Weser Zeitung est très élogieux : "Avec Bruch, pas de danger qu'il se perde dans le chaos de l'informe musique du futur. Il utilise sa propre forme avec assurance, et grâce à une abondance de beauté harmonique et mélodique, il ne perd jamais le lien avec son public." Le 16 avril 1868, 4 mois après la création par Joachim, Max Bruch écrit au chef d'orchestre Hermann Levi :
"Le Concerto commence une fabuleuse carrière. Joachim l'a joué à Brême, Aix-la-Chapelle, Hanovre et Bruxelles, il va le jouer bientôt à Copenhague, et au Festival de Cologne à la Pentecôte, ce qui me fait très plaisir. Leopold Auer le fait le 17 à Hambourg (Concert Philharmonique), Ludwig Straus en mai à Londres (Société Philharmonique), Ferdinand David à Leipzig (au début de la saison prochaine, Léonhard et Vieuxtemps, l'ont commandé — bref, ça avance brillamment !"

Programmation musicale

Max Bruch (1838-1920)
Concerto pour violon n°1 en sol mineur op 26 (1864-1868) I. Allegro moderato
Jasha Heifetz, violon
Nouvel Orchestre Symphonique de Londres, direction Malcolm Sargent
RCA 09026 61779 2/4   

Max Bruch (1838-1920)
Die Loreley (1862-63) Acte II. Lénore et Choeur "Woher am dunkeln Rhein ?"
Michaela Kaune, soprano
Choeur Philharmonique de Prague
Orchestre de la Radio de Munich, direction Stefan Blunier
CPO CPO7770052   

Max Bruch (1838-1920)
Frithiof, Op. 23 (1863-64) Scene 3
Choeur d'hommes de Weert
Orchestre Symphonique de Limburg, direction Theo Timp
(Enreg non commercialisé)   

Ferdinand Hiller (1811-1885)
Concerto en fa dièse min op 69 (1843) I. Moderato
Michael Ponti, piano
Orchestre de Radio Télé Luxembourg, direction Louis de Froment
Brilliant Classics 95300/3   

Max Bruch (1838-1920)
Concerto pour violon n°1 en sol mineur op 26 (1864-1868) I. Allegro moderato
Jasha Heifetz, violon
Nouvel Orchestre Symphonique de Londres, direction Malcolm Sargent
RCA 09026 61779 2/4   

Max Bruch (1838-1920)
Concerto pour violon n°1 en sol mineur op 26 (1864-1868) II. Adagio
Jasha Heifetz, violon
Nouvel Orchestre Symphonique de Londres, direction Malcolm Sargent
RCA 09026 61779 2/4   

Max Bruch (1838-1920)
Concerto pour violon n°1 en sol mineur op 26 (1864-1868) III. Allegro energico
Jasha Heifetz, violon
Nouvel Orchestre Symphonique de Londres, direction Malcolm Sargent
RCA 09026 61779 2/4
 

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