Musicopolis
Magazine
Mardi 5 février 2019
24 min

1849, Louise Farrenc : Création de sa Symphonie n°3 en sol mineur op 36

Le 22 avril 1849, le public parisien découvre la nouvelle symphonie de Louise Farrenc. Anne-Charlotte Rémond revient aujourd’hui sur le parcours de la compositrice, première femme au 19 ème siècle à s’imposer dans des genres de grande envergure...

1849, Louise Farrenc : Création de sa Symphonie n°3 en sol mineur op 36
1849, Louise Farrenc: Création de sa Symphonie n°3 en sol mineur op 36 / Musicopolis, © Getty / Carolin Thiergart / EyeEm

La vie de Louise Farrenc est à la fois représentative de la vie d'une femme du 19ème siècle, et tout à fait originale. Elle ne suit pas la voie tracée pour une femme par la nouvelle société bourgeoise puisqu'elle s'accomplit dans sa carrière musicale, et pourtant elle est bien dans son temps, elle garde une modestie "toute féminine" et n'essaie pas de faire éclater les carcans qui pèsent sur elle.Son nom revient régulièrement dans les journaux musicaux, et elle s'est fait une petite notoriété dans le paysage musical parisien, cependant, elle doit lutter contre deux facteurs défavorables : sa réserve, et son sexe !

Il est rare, de trouver chez les femmes autant de vigueur et d'intelligence dans la combinaison des effets. 

Au lendemain de la création de sa 3ème symphonie, voici ce qu'on peut lire dans les colonnes de La France Musicale :   "Le plus grand mérite de l'oeuvre de Mme Farrenc, c'est une clarté parfaite et une habileté rare dans la distribution des diverses parties du discours musical. J'ai été étonné, je l'avoue, de trouver dans cette œuvre, parfaitement conçue, une facture, un style de maître. La symphonie de Mme Farrenc peut être mise au rang des bonnes compositions instrumentales…Il est rare, de trouver chez les femmes autant de vigueur et d'intelligence dans la combinaison des effets. On aurait pu, peut-être, désirer un peu moins de réminiscences Beethoviennes (sic) dans les motifs, mais ne soyons pas trop exigeants ; c'est déjà le témoignage d'un talent supérieur, que le silence religieux avec lequel le public a écouté la nouvelle symphonie ; et les applaudissements qui ont suivi chacune de ses parties donnerait trop évidemment raison à Mme Farrenc contre moi si j'essayais de troubler, par de trop minutieuses critiques, la joie de son triomphe. Il n'y a qu'à s'incliner devant ce succès, et à payer à la Société des Concerts un juste tribut d'éloges pour avoir su, cette année, augmenter l'éclat de ses séances, de compositions nouvelles et d'artistes nouveaux."

Programmation musicale

Louise Farrenc (1804-1875)
Symphonie n°3 en sol mineur (1847) I. Adagio. Allegro
Orchestre philharmonique de la NDR de Hanovre, direction Johannes Goritzki
CPO 999603-2   

Louise Farrenc (1804-1875)
Variations brillantes sur un thème du Colporteur de Onslow, op 10 (1828)  
Biliana Tzinlikova, piano
Paladino Music pmr 0088   

Muzio Clementi (1752-1832)
Capriccio en si bémol majeur op 17
Howard Shelley, piano
Hyperion  CDA67850   

Antoine Reicha (1770-1836)
Quintette à cordes avec violoncelle principal n°3 en Mi majeur (1805-07)
L'Archibudelli
Sony SK 53118   

Louise Farrenc (1804-1875)
Symphonie n°3 en sol mineur (1847) II. Adagio cantabile
Orchestre philharmonique de la NDR de Hanovre, direction Johannes Goritzki
CPO 999603-2   

Louise Farrenc (1804-1875)
Symphonie n°3 en sol mineur (1847) III. Scherzo
Orchestre philharmonique de la NDR de Hanovre, direction Johannes Goritzki
CPO 999603-2   

Louise Farrenc (1804-1875)
Symphonie n°3 en sol mineur (1847) IV. Finale
Orchestre philharmonique de la NDR de Hanovre, direction Johannes Goritzki
CPO 999603-2
 

L'équipe de l'émission :