MAXXI Classique
Programmation musicale
Vendredi 25 décembre 2020
3 min

Wagner, Tannhäuser et Le Prénom

Le film Le Prénom (2012) d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte fait de nombreuses références à la littérature, à l'Histoire mais aussi un clin d'oeil unique à la musique classique ! L'ouverture de Tannhäuser de Richard Wagner.

Wagner, Tannhäuser et Le Prénom
Le Prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte, © Pathé

Si vous vous réunissez ce soir j’espère sincèrement que votre repas en famille sera un peu moins mouvementé que celui de Valérie Benguigui, Guillaume de Tonquédec, Patrick Bruel, Judith El Zein et Charles Berling. Dans Le Prénom, cette famille et ces amis vont de mésententes et de surprises en surprises, ils s’écharpent autour du prénom du petit dernier et vont jusqu’à l’explosion ! Jérôme Rebotier signe la bande originale qui accompagne cette soirée désastreuse ! Enfin presque toute la musique, puisqu’à plusieurs moment on entend aussi l'ouverture de Tannhäuser .

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On ne s'attendait pas à trouver dans une comédie française a succès l’ouverture de l’opéra Tannhäuser de Richard Wagner ! Cette ouverture solennelle et recueillie retentit trois fois dans le film. Comme le fait Wagner en associant à des personnages des motifs musicaux, dans Le Prénom, cette musique est associée à un seul personnage, Claude Gatignol ! La première fois qu’on entend cette musique c’est donc au moment où l’on fait la connaissance de Claude qui arrive au diner… Claude Gatignol est le premier trombone d’un orchestre que vous connaissez bien, auditrices et auditeurs de France Musique, L’Orchestre Philarmonique de Radio France ! Claude Gatignol est le seul musicien du film, on peut donc trouver une certaine logique à ce qu’il soit associé à l’ouverture de Tannhäuser de Wagner. Et comme par hasard, cette ouverture fait aussi la part belle aux cuivres, une famille d’instruments dont le trombone fait partie.

La première fois que ce thème retentit, il est présenté de manière extradiégétique. C’est à dire qu’il est extérieur à la diégèse, à l’histoire, il n’est pas entendue par les personnages de l’histoire mais seulement par nous, spectatrices et spectateurs. Il nous met dans une certaine ambiance et nous renseigne sur le caractère romantique et sensible de Claude. La deuxième fois que cette musique intervient c’est en revanche de manière intradiégétique, c’est-à-dire justifiée par l’action d’un personnage à l’écran. A un moment, Claude se rend compte d’un élément capital dans la film et il met un disque sur la chaîne du salon. Ce disque, c’est encore l’ouverture Tannhäuser ! 

La dernière fois que l’on entend ce thème dans le film c’est au moment du climax, la scène la plus forte ! Cette fois, Claude est obligé d’avouer un amour secret et terrible. On peut donc faire un parallèle entre la situation de Claude qui avoue cet amour interdit et le personnage de Tannhäuser. Dans l’opéra de Wagner, à l’acte II, Tannhäuser chante devant une femme qui lui est promise, son amour pour une autre, en l’occurrence Vénus… L’effet tombe malheureusement un peu à plat. Et comme vous pouvez l’imaginer, cet aveu a des conséquences terribles sur la suite de l’histoire ! Associé à Tannhauser, Claude Gatignol fait, avec beaucoup d’ironie, figure de héros romantique ! 

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