MAXXI Classique
Programmation musicale
Vendredi 22 octobre 2021
3 min

Georges Brassens : Un style et un phrasé singuliers

A l'occasion du centenaire de Georges Brassens, Max Dozolme se penche sur la manière toute particulière qu'il avait de placer sa voix et de révéler le potentiel musical de grands poèmes.

Georges Brassens : Un style et un phrasé singuliers
Portrait de Georges Brassens, © Getty Images

Brassens n’aimait pas qu’on l’appelle poète. Il avait pourtant un talent pareil à nul autre pour chanter des scènes de tous les jours, écrire des portraits d’une grande valeur littéraire et reprendre des textes classiques en musique. Ceux de François Villon, Paul Verlaine, Francis Jammes, Théodore de Banville ou encore Victor Hugo.

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Comme Franz Liszt en son temps, Georges Brassens a mis en musique le poème Gastibelza (L'Homme à la carabine) de Victor Hugo. Un exemple parmi tant d’autres qui nous rappelle à quel point Brassens aimait la littérature. Toute sa vie il a rendu hommage à des illustres poètes mais il a aussi braqué la lumière sur des écrivains inconnus. C’est le cas par exemple du poète Antoine Pol. Un illustre inconnu lorsqu’en 1972, Georges Brassens met en musique son poème Les Passantes. Sur un rythme de mazurka que n’aurait pas renié Chopin, Brassens récite les vers de ce poème découvert au hasard d’une flânerie chez un bouquiniste de Paris. 

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Mais comment faisait Brassens pour réussir à mettre en parole des paroles au phrasé aussi complexe et contre-intuitif ? Il a tout simplement fait une force de sa faiblesse. Lui qui n’avait pas appris la musique au conservatoire, qui avait une technique de guitare et de chant plutôt limité s’est servi de cette contrainte pour trouver la recette qui fera son succès. Utiliser un accompagnement musical immuable, une base indestructible extrêmement stable que l’on appelle "la pompe". Une alternance simplissime entre des accords de guitares et des notes de basses répétitives. Un balancier musical immuable, rassurant sur lequel il peut facilement laisser aller sa voix voguer suivant le rythme naturel de son chanté-parlé. Si l’on oublie le sens des mots, on pourrait se dire que cette voix au phrasé imprévisible ressemble à du jazz improvisé…  

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Comme Georges Brassens voulait que ses chansons gardent le rythme d’une diction naturelle il faisait en sorte que ses paroles suivent le rythme prosodique. Qu’on ait l’impression qu’il nous parle à nous, avec une sincérité débarrassée de toute convention musicale et artificielle.  Prenez La Mauvaise réputation : à l’oreille ça paraît très simple et pourtant quand on transcrit la chanson sur une partition, qu’on essaye de noter la mélodie sur une partition, on se rend compte la voix de Brassens change plusieurs fois de rythmes, de métrique comme on dit en solfège ! On passe d’un rythme à deux puis à trois temps en un éclair. 

Parce qu’il s’inspire de la voix parlé, le phrasé musical de Brassens parait naturel mais il est très complexe. Preuve qu’il faut se méfier des mauvaises réputations et de l’idée reçue qui nous ferait dire que Brassens chante toujours de la même manière. 

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