MAXXI Classique
Programmation musicale
Jeudi 25 février 2021
3 min

There Will Be Blood : Brahms et Pärt au Far West

Le film de Paul Thomas Anderson nous raconte l'histoire de Daniel Plainview, un foreur de pétrole au début du 20e siècle. La musique de ce film réunit des oeuvres de Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead, mais aussi de Pärt et de Brahms et peut s'entendre comme un contrepoint symbolique du drame.

There Will Be Blood : Brahms et Pärt au Far West
Affiche de There Will Be Blood (2007) de Paul Thomas Anderson, un chef d'oeuvre visuelle et sonore. , © Allo Ciné / Miramax Films

Adaptation d’un roman d’Upton Sinclair, There Will Be Blood (2007) nous raconte l’histoire, au début du 20e siècle de Daniel Plainview, un entrepreneur qui se lance dans la ruée vers un or noir, le pétrole.  Le film s’ouvre sur un écran aussi noir que le pétrole et un thème de cordes, aride comme le désert californien où se joue le drame du film. 

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Dès les premières secondes du film, le glissando de cordes nous dit l'ascension sociale et la chute à venir de Daniel Plainvie. Par son mouvement ascendant puis descendant comme les crêtes des montagnes que l'on voit à l'écran, cette vague musicale évoque peut-être la trajectoire du pétrole, d’abord enfouie sous terre et qui jaillit à la surface grâce à l’extraction de Daniel Plainview. Plus symboliquement, ce mouvement qui monte du grave vers les aigus puis qui redescend dans les graves, résume l’itinéraire de Plainview, de la pauvreté à la richesse grâce au pétrole puis la dégringolade, de ce sommet glorieux à la décadence, la folie et la violence… 

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Outre la musique de Jonny Greenwood, on retrouve aussi une pièce composée en 1977, Fratres du compositeur estonien Arvo Pärt. Une musique utilisée à outrance au cinéma et qui s’accorde intimement avec la musique minimaliste de Greenwood. On passe de l’un à l’autre sans s’en rendre compte, car les deux oeuvres proposent la même musique hypnotique et minimaliste. Dans There Will Be Blood, une seule musique s’oppose véritablement à celle d’Arvo Part et de Greenwood : le final du Concerto pour violon pour de Johannes Brahms ! 

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Contrairement à l’omniprésence de la musique de Pärt et de Greenwood, le concerto pour violon de Brahms intervient à des moments précis, comme un événement. La première fois qu’il apparaît c’est au moment où, justement, le pétrole jaillit de la terre. Le parallèle avec le jaillissement du violon face à l’orchestre est tentant. Nous avons également la sensation que ce concerto symbole du pétrole, de la richesse mais aussi de la joie de Plainview brise le discours musical de Pärt et de Greenwood. Le concerto de Brahms s’oppose à l’horizontalité de leur musique, très planante et économe en développement mélodique. Par son apparition soudaine, il déchire l’horizon comme les derricks pétroliers de Plainview qui s’élèvent dans le désert et auxquels ce thème est associé. Cette intersection d’une musique horizontale et verticale forme une croix, symbole de l'évangélisme, thème central de ce film à voir les oreilles grandes ouvertes. 

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