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Mardi 6 avril 2021
3 min

Stravinsky face au jazz

Le 6 avril 1971, il y a cinquante ans jour pour jour disparaissait Igor Stravinsky. L’un des plus grands compositeurs du siècle dernier qui a exploré un très grand nombre de styles différents. Du dodécaphonisme au néoclassicisme tout en s’inspirant parfois, du jazz américain.

Stravinsky face au jazz
Portrait d'Igor Stravinsky , © Gjon Mili/The LIFE Picture Collection via Getty Images

Quand Stravinsky naît en 1882 à Oranienbaum non loin de Saint-Pétersbourg, de l’autre côté du globe, aux Etats-Unis, le ragtime de Scott Joplin fait ses premières gammes. Quand Stravinsky disparaît le 6 avril 1971 à New York, le groupe de jazz fusion Weather Report enregistre son premier album.  Entre-temps il y a eu le swing, le jazz manouche, le jazz modal et cool mais aussi le bebop… Il aurait donc été étonnant, connaissant la curiosité de Stravinsky, qu’il ne s’intéresse pas à cette musique que l’on associe à ce terme générique de jazz. 

Igor Stravinsky dirige une répétion de l'Ebony Concerto avec Woody Herman à la clarinette et son orchestre. (1946)
Igor Stravinsky dirige une répétion de l'Ebony Concerto avec Woody Herman à la clarinette et son orchestre. (1946), © Metronome/Getty Images

La première rencontre de Stravinsky avec le jazz a lieu à Paris au cours des Années Folles, période durant laquelle le ragtime se propage en Europe. Une musique qui inspire à Stravinsky, dès 1917, un "Ragtime pour onze instruments". Pour évoquer la sonorité d’un banjo Stravinsky fait appel à un cymbalum tandis que les cordes en pizzicati et les percussions jouent une sorte de pompe, comme la main gauche d’un pianiste… Poum poum poum poum.

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Ce ragtime, petit-frère de celui que l’on trouve dans l’Histoire du Soldat a été l’occasion pour Stravinsky de : « tracer un portrait-type de cette nouvelle musique de danse, et de lui donner l'importance d'un morceau de concert, comme autrefois les contemporains l'avaient fait pour le menuet, la valse ou la mazurka ».

A côté de ces deux ragtimes parisiens, la musique la plus jazz de Stravinsky est sans nul doute son "Ebony Concerto". Une oeuvre composée en 1945 pour le grand clarinettiste Woody Herman et son orchestre où l'on peut entendre des modes de jeux caractéristiques des jazz band. Par exemple, Stravinsky demande parfois au trompettiste de prendre des solos et de jouer avec une sourdine à la manière d’un Louis Armstrong. Il écrit également des glissandis de trombones, un cliché de l’écriture pour orchestre de jazz à cette époque. 

En fait, mis à part ces quelques effets de style et comme a pu le dire Woody Herman lui-même, cette partition ne propose que des "effets" de jazz. Même en écrivant pour une formation typique du jazz et l’un de ses plus grands représentants, Stravinsky reste fidèle à lui-même et c’est très bien ainsi.

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