MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 22 novembre 2021
3 min

Out of Africa : Mozart, Barry et les grands espaces

Ce soir à 20h55, France 5 diffuse l’un des plus beaux films de Sydney Pollack : Out of Africa, un film où l’on retrouve tout le talent d’un certain John Barry mais aussi une page célèbre de Mozart.

Out of Africa : Mozart, Barry et les grands espaces
Affiche de film d'Out of Africa (1985) de Sydney Pollack avec Meryl Streep et Robert Redford., © Mirages Enterprises

Le film s’ouvre sur un lever de soleil et un ciel ensanglanté. Un matin dans la savane kényane. Doux et nostalgique. Comme un air de Mozart. Le lever de rideau d’Out of Africa est une scène qui vous marque à vie. Il y a tout d’abord ces images de jungle, de savane, la silhouette de cet homme que Meryl Streep ne nomme pas encore mais dont elle se souvient. Il y a enfin l’adagio d’un concerto de Mozart. Celui en la majeur, pour clarinette soliste. Mais vous l’entendez, le son est mauvais, faible, un peu trop criard, comme s’il sortait d’un vieux lecteur de disque.

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Au fur et à mesure des secondes et des plans qui s’enchaînent, on découvre Meryl Streep assise à un bureau, en train d’écrire sur un carnet l’histoire qu’elle nous raconte. Le concerto continue de jouer, on comprend qu’il provient d’un gramophone situé dans sa juste à côté d’elle. La musique, est diégétique, elle fait partie du plan, de l’histoire mais tout doucement, la caméra se tourne vers la fenêtre, la qualité du son change tout à coup,  il s’ouvre vers les graves, devient plus ample, plus net comme les souvenirs de Meryl Streep. Le concerto de Mozart n’est plus joué par le gramophone, il n’est plus dans le film mais dans la tête de Meryl Streep. Et avec-elle nous plongeons dans le passé.

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Parce qu’il revient dans des scènes importantes du film, comme un objet d’art abstrait qui dialogue avec des paysages africains somptueux et une culture que Mozart ignorait, le concerto pour clarinette est indissociable d’Out of Africa. Le film de Sydney Pollack a probablement beaucoup fait pour populariser cette œuvre crépusculaire. Mais au classicisme mozartien répond une autre partition sans doute très inspirée par le maître viennois. Celle que John Barry compose sur mesure pour Sydney Pollack. 

L’inventeur du thème de James Bond et du générique d’Amicalement vôtre offre ici ce qui est peut-être son chef-d’œuvre orchestral. Une musique primée aux Oscars qui épouse l’impression de temps suspendu du concerto de Mozart mais aussi l’horizon étendu de la savane kenyane filmée par Pollack. Le tempo est lent, les accords joués par des cors lointains et des cordes sont ouverts, majeurs. 

Les cordes sont d’ailleurs le bon instrument pour évoquer un sentiment d’éternité car à la différence d’une note jouée sur un piano, celle provoquée par le frottement d’un archet sur une corde peut-être prolongé à l’infini. Ne jamais mourir, comme les souvenirs d’une ferme africaine. 

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