MAXXI Classique
Programmation musicale
Vendredi 25 septembre 2020
6 min

Le tétracorde de Händel à Ray Charles

Cette formule musicale qui reste en tête toute la journée...le "tétracorde descendant" marque le répertoire musical de toutes les époques !

Le tétracorde de Händel à Ray Charles
Maxxi Classique 25 septembre 2020, © Getty / Time & Life Pictures / Contributeur

Le tétracorde descendant… Rassurez-vous rien à voir avec un insecte ou une formule géométrique ! Le tétracorde descendant par notes conjointes est musical et c’est même très efficace.

Comme Ray Charles aurait eu 90 ans ce mercredi, il est temps de lui rendre hommage en se penchant sur l’un de ses plus grands tubes : Hit the road Jack, chanson composée par Percy Mayfield en 1960,qui a connu la gloire grâce à cette version swinguante à souhait de Ray Charles. Ce Hit the Road Jack présente justement un bel exemple, si ce n’est le plus bel exemple de tétracorde descendant. Tétracorde, en grec, signifie quatre notes répétées ad libitum et qui forment la base d’une chanson. Ici les notes sont LA SOL FA MI . Très simple et très efficace. 

Ce n’est pas Percy Mayfield qui invente cette basse mélodique de quatre notes conjointes qui sonnent tout de suite "musique espagnole" ! Le tétracorde descendant se retrouve dans la musique classique et espagnole justement. En voici un exemple avec la première des Sept chansons populaires espagnoles de Manuel de Falla, une recueil de mélodie composée sur des thèmes populaires. Concentrez l'écoute sur la basse du piano.

Continuons avec un autre exemple en remontant encore un peu le temps, avec le roi du quintette à Cordes : Luigi Boccherini. Il met également en avant le tétracorde descendant dans son Quintette à cordes en ut mineur op.45 n°1.

L’une des raisons pour laquelle cette ligne mélodique semble assez évidente à l’oreille vient du fait qu’elle commence et termine sur les deux notes les plus importantes de la gamme dans la musique tonale, qui sont la tonique et la dominante. Jouer les quatre notes qui relient ces deux extrêmes et les faire tourner en boucle donne alors un effet de complétude, une sensation de logique avec un début et une fin. Le Menuet en sol mineur op. 434 de Haendel en est le parfait exemple. Un menuet transcrit par le pianiste Wihelm Kempf, dont la version extrêmement lente d’Anne Queffelec est bouleversante et qui sonne justement comme une évidence. En prêtant une oreille attentive, il est possible de reconnaître les quatre notes descendantes répétées, qui accompagnent le thème.

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