MAXXI Classique
Programmation musicale
Vendredi 23 octobre 2020
3 min

Il est cinq heures, Paris s’éveille : l’accord parfait du classique et de la chanson

En 1968, Jacques Dutronc témoigne de l'union de la musique classique et de la chanson de variété française. Écoulé à plus de cent mille exemplaires, la chanson apparaît aussi sur l'album "Il est cinq heures", auquel elle donne son titre.

Il est cinq heures, Paris s’éveille : l’accord parfait du classique et de la chanson
Jacques Dutronc, Il est cinq heures Paris s'éveille, musique classique et chanson française., , © Getty / Patrice PICOT / Contributeur

Cette belle histoire a donné naissance à l’un des plus grands titres de Jacques Dutronc.Il est cinq heures, Paris s’éveille. Un texte sur le matin écrit en une nuit, par le couple Segalen/Lanzman au terme d’un repas arrosé de vin et de foie gras. Une chanson sorti en mars 1968, deux mois avant que la jeunesse de France s’éveillent politiquement et qui s’inspire d’un poème de Marc Antoine Désaugiers qui écrivait en 1802 : «  Tout Paris s’éveille, allons nous coucher ». Côté musical, Dutronc opte pour une harmonie très simple, quelques accords, et un rythme sommaire, binaire et en pompe, comme une chanson de Brassens légèrement accélérée.

Au Studio Vogue dans lequel Dutronc enregistre le 25 janvier 1968, quelque chose coince, il y a comme un manque. La voix quasiment parlée, monocorde de Dutronc et son arrangement guitare, basse et maracas sonnent de manière un peu fade. Tout cela manque de relief. Le salut viendra d’un musicien classique, un flûtiste venu enregistrer du Jean-Sébastien Bach, le lendemain, au même studio. 

Le mariage de deux mondes musicaux différents

Roger Bourdin a su faire chanter sa flûte traversière comme un oiseau matinal. Flûtiste soliste de l’Association des Concerts Lamoureux depuis ses dix sept ans. On dit qu’il n'improvise comme personne. Entre la création de concertos et ses compositions, ce flûtiste discret a le temps de fonder des ensembles et d’enseigner à Versailles, lorsqu’il n’est pas sur scène avec Leonard Bernstein, Ivan Fischer, Lorin Maazel, Charles Munch ou Michel Legrand.

Au micro de Jacques Chancel, Roger Bourdin se souvient de ce jour du 26 janvier 1968 où il a improvisé un contre-chant légendaire, ces traits, ces arpèges et ces trilles véloces. Selon un sondage du Nouvel Observateur et de quarante cinq critiques musicaux en 1991, le meilleur single de tous les temps est donc le fruit d’une rencontre entre un musicien classique et un chanteur de variété.

Pour les plus curieux, voici la partition de la partie de flûte traversière de Il est cinq Paris s'éveille.

Version deIl est cinq heures Paris s'éveillepar Jacques Le Glou : 

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