MAXXI Classique
Programmation musicale
Vendredi 15 octobre 2021
3 min

Chambre avec vue : un piano à soi

Arte consacre ce dimanche une soirée à l'acteur Daniel Day-Lewis. L'occasion de revoir l'un de ses premiers rôles marquants, celui qu'il incarne dans Chambre avec vue de James Ivory. Un film où la musique nous raconte l'évolution d'un personnage pianiste.

Chambre avec vue : un piano à soi
Scène du film Chambre avec vue de James Ivory, © MGM

Sorti au cinéma en 1985, Chambre avec vue est indissociable de l’air le plus célèbre de Puccini : O Mio Babbino Caro extrait de l’opéra Giani Schicchi. Un air interprété par la soprano Kiri te Kanawa occupe d’ailleurs une place de choix dans cette adaptation d’un roman de Forster : c’est lui qui ouvre et ferme ce grand classique du cinéma. Un air lyrique contemporain à l’intrigue qui se passe au début du 20e siècle et qui nous dit avant même que le film n’ait commencé que c’est à Florence que naissent les plus belles histoires d’amour. 

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Adapté d’un roman d’Edward Morgan Forster, Une chambre avec vue nous invite à suivre l’évolution de Lucy Honeychurch, une jeune fille issue de la bourgeoisie anglaise incarnée par Helena Bonham Carter. Lors d’un séjour à Florence, elle échange la chambre de sa pension avec une autre possédant une belle vue sur le fleuve Arno. Elle tombe follement amoureuse de ce jeune homme prénommé George et brise finalement ses fiançailles avec un aristocrate snob et détestable Cecil Vyse incarné par Daniel Day-Lewis. Comme dans le roman, Chambre avec vue abonde en références à la musique classique. Cela s’explique par le fait que Lucy, le personnage principal de l’intrigue est elle-même pianiste. Son interprétation de la Sonate Waldstein de Beethoven résonne d’ailleurs dès le début du film dans la pension de Florence.

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Beethoven n’est pas la tasse de thé de Miss Honeychurch. D’ailleurs lorsque son fiancé lui demande un peu plus tard dans le film de jouer Beethoven lors de la soirée qui officialise leur fiançailles, Lucy refuse catégoriquement. Elle montre par l’affirmation de ses goûts musicaux qu’elle ne veut plus être soumise au choix de sa mère ou de son fiancée. C’est elle qui choisit ce qu’elle joue et ce ne sera rien d’autre que le premier mouvement de la Sonate n°5 de Franz Schubert, une œuvre introspective, mélancolique finalement plébiscitée par son fiancé.

Le piano est une manière pour Lucy Honeychurch d’exprimer ce qu’elle ressent mais n’arrive pas à dire en parole dans une société patriarcale où son avis importe peu. Les trois pièces pour piano que l’héroïne joue dans le film peuvent s’entendre comme les différentes étapes de son évolution intérieure. A la fin du film, peu de temps après avoir finalement annoncé sa décision de rompre ses fiançailles avec Cecil, Lucy revient à son piano et joue au métronome quelques mesures de la Sonate en la mineur K.310 que Mozart compose à 22 ans seulement.  

L’interprétation par Lucy de cette oeuvre de jeunesse est nerveuse, elle est même interrompue par l’arrivée inopinée d’un personnage comme pour nous dire qu’il est impossible désormais pour-elle de revenir sur sa décision, de répéter ces mesures et les gestes d’une enfant qu’elle n’est plus. Lucy Honeychurch est devenue une femme et à la fin du film, comme un clin d’œil, retentissent une dernière fois les cordes passionnées d’O Mio Babbino Caro. Dans l’opéra de Puccini, cet air est justement celui que chante une fille à son père

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