MAXXI Classique
Programmation musicale
Mercredi 11 novembre 2020
3 min

Un Noël fraternel et musical dans les tranchées

Lorsque la musique unit, en temps de guerre, des camps ennemis. C'est l'histoire d'un soir de Noël 1914, illustré par le compositeur Philippe Rombi dans le film "Joyeux Noël", interprété à la voix par Natalie Dessay et Rolando Villazón.

Un Noël fraternel et musical dans les tranchées
Le film "Joyeux Noël" de Christian Carion, avec Diane Kruger et Benno Fürmann, quand la musique réunit les camps ennemis, © AFP / JEAN CLAUDE LOTHER / COLLECTION CHRISTOPHEL VIA AFP

Joyeux Noëlde Christian Carion, un film qui se souvient d’un épisode ayant eu lieu à Noël 1914. Le 24 décembre, sur le front enneigé des Flandres, Français, Britanniques et Allemand ont désobéi à leurs supérieurs, ils ont renié le principe même de la guerre et fêté Noël ensemble. Un cessez-le feu spontané où la musique a joué un grand rôle.

Dans le film, on assiste à un récital donné par Nikolaus Sprink, un soldat allemand, ténor à l’opéra de Berlin dans la vie civile. Au milieu des tranchées allemandes, il improvise dans cette froide nuit de Noël un récital pour ses camarades. Il est bientôt rejoint par son épouse, la soprano Anna Sorensen jouée par Diane Kruger.

Si le personnage d’Anna Sorensen doublée par Natalie Dessay dans le film, n’a jamais existé, celui de Nikolaus Sprink doublé par Rolando Villazon est quant à lui, directement inspiré d’un ténor allemandWalter Kirchhoff,un chanteur d’opéra, qui n’était pas militaire mais qui se trouvait effectivement sur le front belge le soir de noël 1914. Avec le prince Guillaume, il était venu remonter le moral de ses compatriotes.

Une fraternité, même en temps de guerre, grâce à la musique

Selon l’historien Stanley Weintraub, lorsque Walter Kirchhoff fini son récital en plein air, des applaudissements et des « Encore » ont retenti du côté des lignes ennemies. A quelques mètres de là, depuis les tranchées françaises et britanniques. L’histoire raconte que le ténor, entonna alors Douce Nuit d’abord en anglais puis en français. Bientôt des chants de Noël chantés en français, en anglais et en allemand ont été échangés de part et d’autres du no man’s land. Par la suite, les hommes ont grimpé par dessus les parapets. Ils se sont rencontrés, ont échangé de l’alcool, du tabac, des boîtes de chocolat. Certains témoignent même d’un match de football improvisé entre anglais et allemands le jour de Noël, avec pour même résultat, c'est à dire 3-2 pour les Allemands.

L'historien Stanley Weintraub souligne l’importance de la musique comme point départ à plusieurs épisodes de fraternisation entre des soldats ennemis durant la première guerre mondiale. Pour lui, ces fraternisations ont pu avoir lieu grâce à des éléments de culture commune comme des chants de Noëls connus par tous. S'il n'y avait pas eu cette culture partagée dit-il, il n'y aurait certainement pas eu de trêve de Noël. 

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