MAXXI Classique
Programmation musicale
Jeudi 11 novembre 2021
3 min

Maurice Ravel : un Trio au bout de la nuit

A l'occasion de l'anniversaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale, Max Dozolme nous parle de l'engagement militaire de Maurice Ravel et de son trio pour piano, violon et violoncelle, une œuvre de guerre.

Maurice Ravel : un Trio au bout de la nuit
Maurice Ravel photographié en tenue militaire en 1916, © BNF

"Cheveux et sourcils bruns. Yeux Bruns. Front haut, nez long, bouche petite menton rond, visage ovale. Taille 1m61, Poids 45 kilos. Né le 7 Mars 1875, à Ciboure, canton de Saint-Jean-de-Luz, département des Basses-Pyrénées. Nom : Ravel. Prénom : Maurice. Profession : Compositeur. Décision du conseil militaire en ce 17 mai 1895 : Exempté de l’armée. Motif : faiblesse." 

Cette formule lapidaire inscrite sur sa fiche matricule est une gifle pour Maurice Ravel. Son physique chétif et sa mauvaise santé lui empêchent d’effectuer son service militaire à 20 ans. Mais lorsque le 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France, Maurice Ravel insiste pour être engagé. Avant de s’engager pleinement dans la guerre, il se dépêche d’écrire un trio. Une œuvre testamentaire pour que l’on se souvienne de ce qu’il était et ce qu’il aimait comme ces rythmes basques bancals que l'on retrouve dans le premier mouvement. 

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Maurice Ravel n’était pas nationaliste, encore moins germanophobe. Il a refusé de rejoindre certains musiciens dans leur volonté de ne plus jouer d’œuvres allemandes. Il trouvait simplement insuffisant d’écrire une musique engagée. Pour lui le musicien devait s’engager physiquement. Ce qu’il fit dès septembre 1914 lorsqu’il s’occupait des soldats blessés dans un hôpital de Saint-Jean-de-Luz. Puis en mars 1915, lorsqu’il tente de rejoindre l’armée de l’air en se disant que sa légère constitution pourrait être un avantage. Mais l’armée ne veut toujours pas de lui jusqu’à ce qu’il obtienne finalement un poste de chauffeur dans le 13e Régiment d’artillerie. Il faut imaginer Ravel au volant de son camion surnommé Adélaïde. Il transporte des canons sous les étoiles et les ronflements du moteur lui rappellent le thème majestueux d’une passacaille, le troisième mouvement de son trio… 

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Une phrase musicale qui s’étire à l’infini et qui se perd dans la nuit. Comme dans le film Birdman d’Alejandro González Iñárritu. Sur la passacaille du Trio de Ravel, un sans-abri scande une réplique de Macbeth. 

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"C'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie et qui ne signifie rien." La réplique de Macbeth, le Trio de Ravel réunis. Comme deux portraits désolés de la Grande Guerre. 

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