MAXXI Classique
Programmation musicale
Jeudi 6 janvier 2022
3 min

Le Dictateur : Johannes Brahms et Richard Wagner ou deux visions du monde

Arte nous propose de voir et revoir à l’envi sur son site internet le film Le Dictateur de Charlie Chaplin et ses scènes cultes rythmées par la musique de Johannes Brahms et Richard Wagner.

Le Dictateur : Johannes Brahms et Richard Wagner ou deux visions du monde
Le réalisateur britannique Charlie Chaplin sur le tournage du film 'Le Dictateur', en 1940., © API/Gamma-Rapho via Getty Images

Quelle danse étrange que celle d’un petit homme qui se rêve en roi du monde et celle d’un globe terrestre qui vole dans les airs. Léger, il sert de jouet, de ballon gonflable au dictateur Hynkel qui le fait voler dans son bureau, rebondir sur sa tête et sur ses fesses, rouler entre ses doigts, au ralenti, tant et si bien qu’à la fin il explose !

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Quand il écoute du Wagner, le dictateur Hynkel a envie d’envahir la Pologne. Rien d’étonnant à cela puisque le personnage principal du Dictateur, le premier film parlant de Charlie Chaplin est une allégorie explicite d’Adolf Hitler. Nous sommes en 1940 et le réalisateur américain décide de réveiller les Etats-Unis attentistes en montrant la folie de cet homme né la même année que lui. Pour cela, Chaplin utilise la musique d’un compositeur apprécié par Hitler, celle de Richard Wagner et plus précisément le Prélude de l’opéra Lohengrin.

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Charlie Chaplin était un danseur et un musicien d’instinct selon les mots de Claude Debussy. En fin mélomane, l’acteur américain s’est également amusé à mettre en miroir deux compositeurs parmi les plus opposés de l’histoire de la musique. A la scène dans laquelle le dictateur Hynkel détruit un monde factice sur du Wagner succède immédiatement une séquence où l’on peut voir un barbier juif travailler en écoutant cette danse qui passe à la radio.

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Il ne s’agit pas de n’importe quelle œuvre mais de la 5e danse Hongroise de Brahms. Sur cette mélodie traditionnelle tzigane arrangée par Brahms, le barbier utilise sa lame comme un archet de violon en synchronisant tous ses gestes avec le rythme très marqué de la danse hongroise. On pourrait voir une opposition très binaire dans la juxtaposition de la scène où le dictateur s’effondre sur du Wagner après avoir fait exploser son globe, et celle où l’on peut voit le barbier d’un ghetto juif qui triomphe sur la musique tzigane de Brahms. Pourtant la dernière scène du Dictateur de Chaplin sauve peut-être Wagner…

Associée à un discours plein d’espoir, la musique de Wagner redevient une œuvre de paix. Car c’est ce même prélude de Lohengrin qui accompagne la toute dernière scène du Dictateur de Chaplin. Celle où le barbier fait un long monologue à celle qu’il aime. Une certaine Hannah qui remet la musique et l’art au-dessus des mots et des hommes lorsqu’elle nous invite hier comme aujourd’hui à réfléchir en silence…

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