MAXXI Classique
Programmation musicale
Jeudi 4 novembre 2021
3 min

Les hiéroglyphes musicaux de Verdi, Debussy et Saint-Saëns

Le 4 novembre 1922 l’archéologue anglais Howard Carter découvrait le tombeau de Toutânkhamon. Un monument plein de mystère symbole de l’antiquité égyptienne, source d’inspiration infinie pour les musiciens…

Les hiéroglyphes musicaux de Verdi, Debussy et Saint-Saëns
Howard Carter au tombeau de Toutânkhamon en 1923., © Apic/Getty Images

Une déflagration de cordes et de cuivres aussi majestueuse et inattendue que la porte et son sceau royale devant laquelle se tient Howard Carter. Cette porte laisse échapper un souffle millénaire, une note tenue jouée par les vents. Ce qui attend l’archéologue ce nuit-là est aussi imprévisible et mystérieux que la phrase de cordes sinueuses qui s’élève dans les aigus pour mieux retomber dans les entrailles de la terre. Elle dessine la forme d’une arche perdue… 

En tout cas c’est comme ça que j’entends Au tombeau de Tut-Ankh-Amon du compositeur suisse Alexandre Denéréaz. Une oeuvre que ce compositeur et organiste écrit en 1925, seulement trois ans après la découverte du tombeau par Howard Carter et qui nous invite à imaginer ce qu’a pu ressentir l’archéologue anglais ce soir du 4 novembre 1922. Lorsqu’il est tombé nez à nez sur le tombeau miraculeusement préservé d’un pharaon oublié. 

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Mais les musiciens n’ont pas attendu cette découverte majeure pour évoquer l’antiquité égyptienne. Lorsque le khédive égyptien Ismaïl Pacha commande à Giuseppe Verdi un opéra pour l’inauguration du canal de Suez et l’opéra du Caire en 1869, le compositeur s’inspire des quelques connaissances organologiques que l’on avait à l’époque pour commander six trompettes droites inédites qui seront les piliers musicaux de la marche triomphale d’Aïda ! 

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Louxor avait aussi laissé une grande impression au globe-trotter Camille Saint-Saëns lors de son séjour en Egypte en 1895. Ce pays lui a inspiré son cinquième concerto pour piano. L’exemple parfait de ce que l’on nomme l’orientalisme musical dans le sens où cette partition multiplie les effets et les bizarreries censées évoquer une musique extra-européenne. Au programme gammes chromatiques, rythmes haletants et sonorités étonnantes comme ces sixtes jouées dans l’extrême aigue du piano.

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Une mélodie qui rappelle celle d’un un prélude de Claude Debussy. Il faut imaginer le compositeur dans son salon, jouer sur les touches blanches d’un piano, le regard perdu dans les dessins d’une urne funéraire. Un vase canope égyptien, point de départ d’un grand voyage immobile.

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