MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 3 janvier 2022
4 min

Maurice Jaubert : feu follet du cinéma français

Il est né le 3 janvier 1900, il y a 122 ans et sa vie n’a duré que l’espace d’un souffle. Pourtant, l'apport de Maurice Jaubert à la musique de film résonne encore aujourd’hui. Des partitions qui n’ont pas besoin des images pour nous émouvoir et nous raconter une histoire…

Maurice Jaubert : feu follet du cinéma français
Jean Gabin et Michèle Morgan sur le tournage du Quai des Brumes de Marcel Carné., © Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images

Des cordes qui rugissent comme la houle… Une fanfare brumeuse et mélancolique… N’imaginez-vous pas des marins fourbus dans les tripots du port du Havre ? Signée Maurice Jaubert, la musique du film Le Quai des Brumes est bien plus qu’un support à l'histoire en   en noir et blanc de Marcel Carné, elle est l'histoire. 

Si la musique de Maurice Jaubert est aussi admirée aujourd’hui, c’est parce qu’elle proposait une véritable alternative au symphonisme hollywoodien, germanique et triomphal des années trente. Comme les films de Jean Vigo ou de Marcel Carné, sa musique est le symbole du réalisme poétique dans le sens où elle propose un pot-pourri de mélodies populaires et fanfares de la rue sublimées mais aussi des orchestrations légères, aux couleurs parfois très ravéliennes… 

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Maurice Jaubert avait également en horreur les partitions descriptives de Max Steiner, le roi du Mickey Mousing musical ce procédé où chaque geste filmé est imité par un son. Lorsqu’un personnage frappe à la porte, une percussion ne reproduit pas ce geste dans les partitions que Maurice Jaubert a écrites pourJean Vigo ou Marcel Carné. Sa musique est moderne en cela qu’elle n’est jamais redondante avec les images et les paroles. Une valse triste nous dit ce que les mots ne peuvent qu’effleurer comme les sentiments qui unissent Jean Gabin et Michèle Morgan dans Quai des Brumes. 

Dans Le Quai des Brume Michèle Morgan se demande qui a assassiné son amant Maurice. Maurice Jaubert, lui est tombé sous les balles d’un fusil allemand en juin 1940 quelques jours avant l’Armistice. Pour Francois Porcile, son œuvre a également disparu des concerts à cause des critiques qui se méfiaient de ce musicien touche-à-tout,  qui ne faisait pas de distinction de valeur entre une musique écrite pour le cinéma de Julien Duvivier, une chanson composée pour le théâtre de Jean Giraudoux, une symphonie ou une mélodie française composée dans le style de Fauré. 

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Grâce à ses recherches, François Porcile a remis au gout du jour la musique de Maurice Jaubert. Par exemple, c’est après avoir-lu la biographie pionnière de Maurice Jaubert écrite par François Porcile que François Truffaut a choisi d’utiliser des partitions de ce dernier pour accompagner ses propres films : La Chambre verte, L’argent de Poche, L’homme qui aimait les femmes ou encore L’Histoire d’Adèle H, nouvel écrin d’une Suite française et intemporelle de Maurice Jaubert… 

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