MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 28 décembre 2020
3 min

Leroy Anderson, un portrait

Le portrait d’un musicien américain que John Williams considère comme « l’un des plus grands maîtres américains de musique orchestrale légère » : Leroy Anderson !

Leroy Anderson, un portrait
Photo de Leroy Anderson (1908-1975), compositeur et chef d'orchestre américain. , © Michael Ochs Archives/Getty Images

Leroy Anderson est une légende aux Etats-Unis. La quasi-totalité de l’oeuvre de ce musicien né en 1908 et mort en 1975 est à l’image de cette Belle du Bal. C’est-à-dire des oeuvres orchestrales n’excédant pas les trois minutes trente d’une face de 78 tours et qui sont toutes des bijoux de mélodie et d’orchestration. Des oeuvres qui ont fait la renommée du Boston Pops Orchestra, un orchestre spécialisé dans les musiques dites légères et pour lequel Leroy Anderson a beaucoup écrit.
L’éloge de John Williams qui a dirigé l’orchestre de 1980 à 1993 est donc particulièrement justifiée : il a écouté, étudié attentivement et surtout dirigé pendant des années la musique d’Anderson ! 

Mis à part un concerto pour piano et une comédie musicale pour Broadway, Leroy Anderson a consacré l’essentiel de sa carrière à l’écriture de petites pièces orchestrales qui ont eu énormément de succès. Des oeuvres inspirées du jazz comme ce pizzicato jazz de 1938, le premier morceau que Leroy Anderson écrit pour le Boston Pops Orchestra ou encoreL’Horloge syncopée. Une musique que cet ancien membre des renseignements généraux américains compose en deux jours seulement et qui évoque le tic-tac d’un réveil matin ! 

Cette pièce nous renseigne sur le style de Leroy Anderson : des mélodies rythmées, joyeuses et entêtantes, un certain goût pour les fanfares évoquant les orchestres de jazz américain et une musique qui décrit des scènes ou des objets du quotidien. Des évocations parfois très concrètes puisque Leroy Anderson n’hésite pas à faire dialoguer ces objets avec son orchestre.

C’est par exemple le cas dans The Typewriter, une pièce popularisée par un sketch culte de Jerry Lewis où Leroy Anderson fait dialoguer une véritable machine à écrire avec un orchestre. Une petite pièce qui est peut-être inspirée de Parade d’Erik Satie. Un ballet d’Erik Satie qui utilise la machine à écrire comme un instrument percussif ! 

Mais Leroy Anderson va plus loin que Satie puisque dans sa pièce, la machine à écrire est vraiment considérée comme un instrument soliste. Comme dans un concerto classique elle dialogue avec les autres musiciens et ponctue chaque fin de phrase par une sonnette ou le choc du retour à la ligne ! C’est elle qui occupe le premier rôle, comme le piano dans l’unique concerto pour piano de Leroy Anderson, une page de 1953, qui peut évoquer tout autant la musique de film et de cartoon que le jazz, des mélodies traditionnelles américaines ou l’humour grinçant d’un Chostakovitch. 

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