MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 31 mai 2021
3 min

La vie est belle : une barcarolle pour rêver

Roberto Benigni qualifie son film La Vie est belle de "conte philosophique". Une tragicomédie accompagnée par la partition rêveuse de Piovani et les balancements amoureux de la Barcarolle extraite des Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach.

La vie est belle : une barcarolle pour rêver
Scène de La Vie est belle de Roberto Benigni , © DR Miramax/allociné

Il était une fois. C’est comme ça que pourrait commencer La Vie est belle (1997), un film qui a choisi de traiter un l'un des sujets les plus graves qui soit sur le ton de l’humour et de l’amour. La vie est belle et on le croit volontiers au début de ce conte, lorsque l’on suit le pétillant personnage de Guido qui multiplie les astuces pour passer du temps avec Dora, une femme fiancée qu’il nomme sa "principessa", sa princesse. Un jour Dora dit à Guido qu’elle se rendra le soir-même à l’opéra où l’on joue Les Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach. Guido a lui aussi pris des places et depuis le parterre, il ne quitte pas des yeux Dora. Il prie très fort pour que leurs regards se croisent… 

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DansLa Vie est bellee, les mots ont un pouvoir performatif. Si on répète quelque chose et que l'on y croit assez fort, le souhait se réalise. Alors, suite à l’incantation de Guido, Dora tourne finalement la tête vers lui et ce regard nous dit tout l’amour qui unira bientôt ces deux personnages. L’enfant qu’ils auront ensemble, le petit Giosué, la librairie qu’ils ouvriront bientôt. La vie sera encore plus belle tandis que résonne les paroles amoureuses de la Barcarolle d’Offenbach.

Comme dans les Contes d'Hoffmann d’Offenbach, la Barcarolle annonce aussi la tournure dramatique que La Vie est belle prendra bientôt. La vie aurait pu être belle si Giosué n'avait pas porté une étoile jaune pendant la Seconde Guerre Mondiale et si sa famille toute entière n’avait pas été conduite dans un camp d’extermination. Là-bas, Guido fait croire à son fils que tout cela n’est qu’un jeu. 

Un soir, il prend le risque de diffuser la Barcarolle d’Offenbach dans le camp de concentration où ils sont enfermés. Dans la nuit et le brouillard, la caméra filme Dora en gros plan, le même que celui de la scène à l’opéra à ceci près que Dora pleure et qu'elle porte un tenue de prisonnière. De l’autre côté du camp Guido donne à Giosué et au spectateur la clé du film… 

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Le musicologue Carl Dahlhaus parle de la Barcarolle d’Offenbach comme d’un mirage invitant au rêve, une parenthèse légère dans un opéra tragique. LaBarcarolle est une musique de conte aussi qui, tout comme la bande originale de Nicola Piovani nous invite à une expérience floue où le tragique et le comique se mêlent. Une expérience qui prend le nom de "conte philosophique" selon Roberto Benigni. 

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