MAXXI Classique
Programmation musicale
Mercredi 10 février 2021
3 min

L’usage de la musique classique dans le cinéma d’Emmanuel Mouret

Ce soir à 20h55, Arte diffuse Mademoiselle de Joncquières d'Emmanuel Mouret. Un film sorti en 2018 avec Cécile de France et Edouard Baer. L'occasion d'explorer la place que le réalisateur accorde à la musique classique dans ses films.

L’usage de la musique classique dans le cinéma d’Emmanuel Mouret
Niels Schneider et Camélia Jordana dans Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret. Pascal Chantier / Moby Dick Films, © Pascal Chantier / Moby Dick Films

On le compare parfois à Woody Allen ou à Eric Rohmer, pourtant, Emmanuel Mouret se distingue nettement de ces deux cinéastes qu’il adore grâce, notamment, par la place prépondérante qu'occupe la musique classique dans ses derniers films. C’est le cas pour Les choses qu’on dit les choses qu’on fait, son dernier film, Mademoiselle de Jonquières ou encore L’Art d’aimer. Un film choral qui démarre avec les cordes langoureuses de la troisième symphonie de Brahms et la voix de Philippe Torreton… 

Cette belle correspondance entre la musique et les sentiments amoureux par laquelle s’ouvre L’Art d’aimer peut s’entendre comme un art poétique. Une sorte de manifeste pour comprendre l’utilisation de la musique dans les films d’Emmanuel Mouret. La musique, très présente dans ses films, agit comme une voix-off sans parole, elle accompagne et commente le dialogue de ses personnages, elle nous dit aussi leur état d’esprit. Un exemple ? Toujours dans L’Art d’aimer, la relation amoureuse de Vanessa et de William est associée à la musique de Chopin. Lorsqu’ils se promènent en forêt, leur balade se mêle à celle en fa majeur de Frédéric Chopin. Dans le même film, lorsque la relation du couple s’assombrit, cela se fait toujours sur un air de Chopin, leur compositeur attitré, mais cette fois, ce sont les inflexions plus sombres et mélancolique de la valse n°2 op.69 jouée par Arthur Rubinstein qui s’insinue comme le doute.

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Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer en regardant les films très musicaux d’Emmanuel Mouret, ce dernier n’est pas musicien et confesse n’écouter que très peu de musique. Elle lui sert parfois d’inspiration et de moteur lorsqu’il écrit les dialogues de ses films. Surtout le choix précis d’une musique pour telle ou telle scène se décide au moment du montage qu’il réalise avec son acolyte Martial Salomon. Parfois les deux amis passent plus de temps à choisir quelle oeuvre collera parfaitement qu’au montage lui-même. 

Si vous regardez Mademoiselle de Jonquières ce soir sur Arte, il faut donc imaginer Emmanuel Mouret et Martial Salomon, discuter, hésiter et finalement choisir ces quelques notes du Concerto pour harpe en ut majeur de Boieldieu. Probablement pour sa beauté mais aussi pour nous dire, peut-être, que cette histoire se passe en France, au XVIIIe siècle et qu’elle est empreinte d’une tendre mélancolie…

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