MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 5 avril 2021
3 min

I Hear a new world : Les sons de l’espace

Le 5 avril 1929 naissait Joe Meek ! Un producteur et ingénieur du son anglais à qui l’on doit pourtant l’un, si ce n’est le premier concept album de l’histoire : I Hear a new world, un disque qui propose des sonorités avant-gardistes évoquant une musique extra-terrestre…

I Hear a new world : Les sons de l’espace
Pochette de l'album I Hear a New World (1959) de Joe Meek et The Blue Men, © RPM Records

L’histoire raconte que Joe Meek plaçait des microphones dans des cimetières en espérant enregistrer quelques messages de personnes défuntes. Pour lui l’enregistrement sonore avait le pouvoir de nous faire entendre des univers parallèles, un nouveau monde.  

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Lorsqu’il enregistre l’album "I Hear A New World", j’entends un nouveau monde, Joe Meek n’est pas encore le producteur de chanson reconnu qu’il deviendra dans les années soixante. Nous sommes en 1959, c’est-à-dire bien avant le Sergent Pepper’s Lonely Heart Club des Beatles ou de The Wall des Pink Floyd et Joe Meek crée le premier album pensé comme une oeuvre en soi : Un concept album psychédélique qui nous invite à faire un tour dans l’espace à la découverte de sons inouïs. Et qui dit monde inconnu, dit techniques de mixages expérimentales ! La stéréophonie par exemple, c’est-à-dire la distribution à travers deux haut-parleurs distincts pour donner l’illusion de la profondeur et de l’espace. A côté de la stéréophonie encore peu utilisée pour des disques à la fin des années 50, il y a aussi ces voix d’hommes accélérées pour évoquer celles de gentils extra-terrestres… 

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Le producteur et ingénieur du son Joe Meek photographié en 1963
Le producteur et ingénieur du son Joe Meek photographié en 1963 , © John Pratt/Keystone Features/Getty Images

Un monde de science-fiction où l’on trouve également les étranges sonorités du clavioline,  un clavier électronique créé en 1947 par l’inventeur français Constant Martin. Un instrument qu'affectionnait Joe Meek et dont le timbre évoque celui des cordes frottées d’un violoncelle ou d’un violon, d’où son nom.

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I Hear a New World nous fait entendre des instruments étranges comme le clavioline mais aussi des objets du quotidien. Joe Meek et The Blue Men tapent avec des cuillères sur des bouteilles de lait à moitié vide, il frotte les dents d’un peigne sur le rebord d’un cendrier et font sonner des jouets pour enfants. Tout un attirail enregistré et remixé afin que l’on ait du mal à identifier les objets à l’origine de ces sons nouveaux pour l’époque.

Ce mélange de mélodies entraînantes et de sonorités novatrices à la fin des années 50 est antérieure à la démocratisation de la musique concrète et électroacoustique par Pierre Henry et sa Messe pour le temps présent de 1967.

A la différence de Pierre Henry, Schaeffer ou d’autres compositeurs considérés comme pionniers de l’électronique, Joe Meek n’a jamais cherché à faire école. Pour ce musicien de l’ombre qui n’aura vécu que peu de temps sur Terre, l’essentiel était, comme l’écrivait Schoenberg en son temps, de nous faire sentir l’air d’une planète nouvelle.

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