MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 29 mars 2021
3 min

Greensleeves : de Shakespeare à Jacques Brel

Aujourd’hui Max Dozolme se penche sur une mélodie traditionnelle du 16e siècle. Une ballade anglaise que l’on associe parfois à la nature mais qui est surtout une chanson courtoise. Un air qui a traversé les époques et les lieux incarnant la Chine, les Etats-Unis ou le port d'Amsterdam...

Greensleeves : de Shakespeare à Jacques Brel
Portrait de Jacques Brel en 1972., © Gijsbert Hanekroot/Redferns

Greensleeves. Manches vertes. Celles que porte une femme aimée et mystérieuse. Selon la légende, cette chanson aurait été écrite au XVIe siècle par le roi Henri VIII en l’honneur de celle qui fut sa deuxième femme, qui changea le destin de l’Angleterre et qu'il fit décapiter : Anne Boleyn. Pourtant, ce n’est que bien après la mort de ces deux personnages historiques que l’on trouve la première édition de Greensleeves. Une chanson anonyme publiée à la fin du XVIe siècle à Londres et qui jouit d'un grand succès pendant la période élisabéthaine ; Shakespeare la mentionnait même dans ses tragédies. Il n’est donc pas étonnant qu’au XXe siècle, de nombreux compositeurs anglais se soient appropriés ce thème. Une manière pour les Britanniques de renouer avec leurs origines, leur identité musicale. Il en est ainsi des arrangements de Benjamin Britten, d’une suite orchestrale de Gustav Holst écrite en 1911 ou encore la Fantasia de Ralph Vaughan Williams composée en 1934. 

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A priori, on ne fait pas plus anglais que Greensleeves... Pourtant, ce thème a eu le même destin qu’une autre mélodie traditionnelle de la Renaissance, la Mantovana. A travers ses différentes reprises, Greensleeves a pu être associée à des pays bien différents de son Angleterre natale. Dans l’opéra Turandot de Ferrucio Busoni, cet air est entonné à la cour de l’Empereur de Chine. 

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Une mélodie qui évoque le Far West avec la chanson A Home in the Meadow dans La Conquête de l'Ouest mais aussi dans les bouges mal-famées des Pays-Bas. Deux ans après la sortie de La Conquête de l’ouest, en 1964, un Belge enflammait la scène de l’Olympia avec un titre inédit et jamais enregistré en studio. Un portrait poétique au vitriol des marins d’Amsterdam.

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Ce n’est pas sur les bords de la mer du Nord mais ceux de la Méditerranée que Jacques Brel a écrit cette chanson à laquelle il ne croyait pas trop. Pour la petite histoire, au départ le chanteur voulait rendre hommage à la ville belge de Zeebruge, mais comme il avait des difficultés à trouver des rimes en "uge", il s’est replié sur Amsterdam. Une chanson clairement inspirée par Greensleeves, une mélodie qui va bien finalement aux marins. Elle qui a tant voyagé…  

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