MAXXI Classique
Programmation musicale
Mardi 11 mai 2021
3 min

Francis Poulenc : comme une chanson populaire

Francis Poulenc s'inspirait parfois des musiques populaires de son époque. Des chansons de Mayol, d'Henri Christiné ou de Vincent Scotto en passant par le jazz, sans oublier les danses et les guinguettes de son enfance.

Francis Poulenc : comme une chanson populaire
Francis Poulenc, © Bettmann / Getty

Dans un entretien donné à Claude Rostand dans les années 50, Francis Poulenc dessinait l’arbre généalogique de ses influences. Une ascendance glorieuse qui pourrait être complétée par des branches plus légères mais toutes aussi présentes dans sa musique. Vincent Scotto, Mayol, Edith Piaf, Henri Christiné, des artistes qui se produisaient dans des cabarets et des cafés concerts et pour lesquels il a écrit des pages célèbres comme ces Chemins de l’amour créés par Yvonne Printemps.

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Poulenc se souvient des mélodies populaires que sa mère lui jouait quand il était enfant. Il se souvient aussi des accordéons et du musette qui faisaient la joie des guinguettes du bord de la Marne que les Parisiens rejoignaient les dimanches. Nogent était le paradis de Francis Poulenc, avec ses guinguettes, ses marchands de frites et ses bals musettes. Des dancings que l’on prononçait "dansinges" à son époque. C’est là qu’il a connu les airs de Christiné et de Scotto. « Le côté mauvais garçon de ma musique n’est pas artificiel comme on le croit parfois, puisqu’il se rattache à des souvenirs d’enfance très chers » assurait-il. 

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Les airs de Maurice Chevalier, les chansons du répertoire Mayol se retrouvent à différents niveaux dans la musique de Poulenc. Ce sont des choix d’instruments qui évoquent quelques fanfares dans sa pièceCocardes, des marches harmoniques et l'utilisation de la forme couplet/refrain très utilisée dans la chanson. Le cabaret est également présent dans certains passages des Mamelles de Tirésias qui rappellent la gouaille parisienne. Il arrivait même à Poulenc de citer quelques airs folkloriques dans ses oeuvres…

A la fin de son Concerto pour piano, Poulenc cite l'air traditionnel américainSwanee River. Une mélodie que le public a reconnu sans efforts lors de la création de l’oeuvre à Boston.

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Claude Rostand voyait en Poulenc un compositeur à deux visages : moine et voyou. Francis Poulenc, compositeur de musique sacrée et profane qui aimait à raconter que tout jeune lycéen à Paris, lui, le fils de l’un des fondateurs de la plus grande entreprise pharmaceutique de France, avait vendu un recueil de sonates de Beethoven pour aller applaudir Misstinguett aux Folies Bergères.

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