MAXXI Classique
Programmation musicale
Lundi 16 novembre 2020
3 min

De Couperin à Brassens : la forme couplet-refrain

Aujourd’hui dans Maxxi Classique, Max Dozolme évoque la forme musicale reine de la chanson, le fameux couplet-refrain, une alternance que l’on retrouve également dans la musique classique.

De Couperin à Brassens : la forme couplet-refrain
François Couperin et Georges Brassens , © Getty / Print Collector Jean Pimentel/Kipa/Sygma

La forme Couplet-refrain est à la chanson...

Penchons-nous sur l’un des plus grands poètes de la chanson française : Georges Brassens ! Lorsqu’on écoute attentivement la chanson « les amoureux des bancs publics », on remarque qu’elle est structurée par deux éléments : quatre couplets séparés par quatre refrains. Comme plusieurs chansons de Georges Brassens, celle-ci commence par un couplet auquel succède donc un refrain.

Jetons à présent une oreille sur le second couplet. La mélodie est restée la même mais contrairement au texte du refrain qui reste identique tout au long de la chanson, le texte du couplet, lui, a changé. Brassens déploie de cette manière une histoire pleine de nostalgie. Cette façon de structurer le discours musical s'appelle la forme couplet refrain.

... ce que le rondeau est à la musique classique !

Or, si vous êtes passionnées par la musique classique alors peut-être saviez-vous qu'on retrouve également cette alternance de couplets et de refrains dans de très nombreuses oeuvres classiques ?

On la retrouve par exemple dans les_Barricades mystérieuses_de François Couperin ! Ce thème légendaire qui semble n’aller nul part et tourne sur lui-même est un véritable refrain puisque comme dans la chanson de Brassens, il se répète quatre fois au cours de la pièce ! Quatre refrains qui enferment, comme une barricade justement, quatre couplets ! Dans le langage classique c’est ce que l’on appelle la forme rondeau, une forme typique de la musique baroque française !

Cette structure musical est également celle qui régira, un siècle plus tard le Concerto pour piano et orchestre n°4 de Beethoven. Le refrain triomphal qui ouvre et ferme le dernier mouvement, interviendra très exactement quatre fois au total !  Mais comme Beethoven ne fait rien comme tout le monde, il n’expose jamais les refrains tels quels : tous sont variés et modifiés par les couplets qui les précèdent ou qui les suivent.

Cette structure couplet.refrain vous la retrouvez par ailleurs souvent dans les derniers mouvements des sonates et des concertos. C’est une forme très satisfaisante pour l’oreille car elle sollicite notre mémoire, c’est un peu la fonction répétition des enregistrements avant l’heure !

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