MAXXI Classique
Programmation musicale
Mardi 25 mai 2021
3 min

Christian McBride : Bach et Dvořák en souvenir

Aujourd’hui Max Dozolme nous parle d’un immense musicien américain ! Christian McBride, un contrebassiste, chef d’orchestre et compositeur qui aime à sortir des sentiers du jazz pour nous faire redécouvrir la musique de Bach, Schubert, Bartók et de Dvořák.

Christian McBride : Bach et Dvořák en souvenir
Le contrebassiste Christian McBride en répétition à l'opéra de Sydney en 2005, © Fairfax Media via Getty Images

C’est une musique avec laquelle il a vécu pendant une vingtaine d’années. Une vaste composition en plusieurs parties pour récitant, choeur, big band et petit ensemble de jazz. Un monument à la gloire de Barack Obama et de quatre figures des droits civiques américains : Rosa Parks, Malcolm X, Martin Luther King et Muhammad Ali. L’oratorioThe Movement Revisitedde Christian McBride est l’opus magnum du contrebassiste américain. Une oeuvre où l’on peut aussi entendre l’amour du jazzman pour la musique intemporelle de Bach. 

Dans le final de son oratorio, Christian McBride se saisit de l’archet de sa contrebasse pour jouer un passage mélodique plus proche du baroque que du jazz. Des phrases musicales qui ne sont pas sans rappeler le début de quelques fugues, inventions ou sinfonias de Jean-Sébastien Bach. Un compositeur qu’il adore, surtout lorsqu’il est joué très librement par le pianiste Glenn Gould.

Glenn Gould un pianiste que l’on peut rapprocher du jazz dans sa manière très personnelle qu’il a de faire résonner des standards ou plutôt des partitions classiques ! Christian McBride écoutait beaucoup ce pianiste pendant ses études de contrebasse jazz et classique à Philadelphie.  Une solide formation classique qui s’entend de plusieurs façons dans les quelques 300 albums de McBride : Dans ses solos joués à l’archet et d’une grande justesse d’intonation ou encore dans cette reprise, en 2011, d’un concerto de Jean-Sébastien Bach.

Le Concerto pour deux violons en ré mineur de Bach réduit à l’essentiel par Christian McBride et la violoniste Regina Carter qui nous rappelle que le contrebassiste n’est pas que le sideman prestigieux de jazzmen tels que Chick Corea, Pat Metheny ou Freddie Hubbard mais qu’il collabore aussi avec des quatuors à cordes pour interpréter sur scène des oeuvres de Schubert, Bartók et de Dvořák. Il nous rappelle aussi qu’il est le chouchou de cantatrices américaines telles que Renée Fleming ou Kathleen Battle.

Ici , McBride et Kathleen Battle signent non pas une reprise de la neuvième symphonie de Dvorak mais une reprise d’une reprise de la neuvième du compositeur tchèque. En effet, cette chanson Going Home date de 1922. Elle est signée William Arms Fischer, un élève de Dvorak. Quand on sait que la symphonie de Dvorak a elle-même été inspirée par des mélodies indiennes et des negros spirituals encore plus anciens, on se dit que la musique est vraiment un éternel recommencement.

L'équipe de l'émission :