MAXXI Classique
Programmation musicale
Jeudi 11 mars 2021
3 min

Astor Piazzolla et Bach en souvenir

Notre histoire commence à l’ombre d’une cour d’immeuble à New York. Une fenêtre est restée ouverte. Un enfant écoute un air de Bach joué au piano par son voisin. Et si ce souvenir avait durablement marqué les compositions d'Astor Piazzolla ?

Astor Piazzolla et Bach en souvenir
Astor Piazolla Bandoleon au North Sea Jazz Festival le 12 juillet 1985 à La Haye aux Pays-Bas. , © Frans Schellekens/Redferns

Cet enfant qui aurait préféré recevoir un saxophone plutôt qu’un bandonéon pour ses huit ans se nomme Astor Piazzolla. Et l’histoire raconte que, c’est ce jour-là, en écoutant son voisin Bela Wilda répéter une oeuvre de Bach, que le petit Piazzolla a entrevu son destin. Aussitôt il demande à prendre des cours de piano avec cet ancien élève de Rachmaninov. Le bandonéon peut attendre. 

Astor Piazzolla grandit en jouant du tango et en écoutant le contrepoint de Bach, la rutilance des orchestres de Gershwin et les audaces rythmiques de Stravinsky. Revenu en Argentine, il passe ses après-midi aux répétitions de l’orchestre symphonique du théâtre Colon et le soir il fait danser les argentins dans les bals avec son bandonéon retrouvé. Mais Astor veut maitriser les techniques d’écriture du passé pour se découvrir. Il devient alors l’élève d’une légende en Argentine : le compositeur Alberto Ginastera.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le musicien argentin Astor Piazzolla à Punta del Este en février 1987, Uruguay.
Le musicien argentin Astor Piazzolla à Punta del Este en février 1987, Uruguay. , © Rafael WOLLMANN/Gamma-Rapho via Getty Images

Quand des années plus tard à Fontainebleau en 1954, Nadia Boulanger lui conseille de trouver l’inspiration dans le répertoire de son pays, Astor Piazzolla se souvient-il de cette oeuvre de Ginastera dont la partition trainait un jour sur le piano ? Une danse traditionnelle Milonga, une certaine forme de tango… Soit, lui aussi écrira des milongas mais d’une complexité jusqu'alors inouïe !

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Paramétrer les cookies

La révolution piazzolienne du tango, le tanguo nuevo ,passera par une incorporation de formes et d’esthétiques classiques et contemporaines sans craindre les dissonances.Il y a dans le jeu du compositeur, pianiste et membre de son sextuor Gerardo Gandini comme un air de concerto de Chostakovitch. Piazzolla, compositeur pour le Kronos Quartet, auteur d’un étonnant Concerto pour bandonéon et de Quatre Saisons à Buenos Aires dont certains arrangements pour orchestre rappellent des notes baroques. Peut-être celles du Bach de l'enfance ? 

L'équipe de l'émission :